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DIAL 3014 - Dossier « questions agricoles, questions agraires »

BRÉSIL – Les terres agricoles passent aux mains de capitaux étrangers

Noticias Aliadas

lundi 1er septembre 2008, mis en ligne par Dial

Ce texte, publié par Noticias Aliadas le 16 juillet 2007 vient compléter l’article sur les biocombustibles en présentant un autre problème auquel est confronté actuellement l’agriculture brésilienne : l’achat massif de terres par des propriétaires étrangers.


D’après un article du journal Folha de São Paulo paru le 7 juillet dernier, au Brésil, les investisseurs et les propriétaires terriens étrangers achètent en moyenne chaque jour 12 km² de terres agricoles, principalement pour produire des biocombustibles.

Selon les données du Système national de cadastre rural (SNCR), entre novembre 2007 et mai 2008, des entreprises et citoyens d’autres pays auraient acheté 1 372 propriétés rurales, dont la superficie totale s’élève à 2 043 km² répartis sur différentes zones du pays.

Dans le reportage, le journaliste précise que « la superficie totale des terres appartenant à des propriétaires étrangers est passée de 38 300 km² à 40 300 km² au cours de cette même période ; un rythme stimulé par la culture du soja, mais également motivé par la production animale, par les encouragements du gouvernement à la production d’éthanol et de biocarburant, et par l’augmentation du prix de la terre ».

Le Brésil est le deuxième producteur et le premier exportateur mondial de soja, le premier producteur et exportateur de viande, et le premier exportateur d’éthanol au monde.

Cependant, les chiffres fournis par l’article ne prennent en compte que les acheteurs qui se déclarent étrangers. Ils ne tiennent donc pas compte des entreprises nationales à capitaux étrangers ni des prête-noms brésiliens qui agissent pour le compte d’étrangers et leur évitent ainsi d’être enregistrés par l’administration.

Un des éléments qui attirent le plus les capitaux étrangers est le haut rendement des terres agricoles au Brésil, qui peuvent donner jusqu’à trois récoltes par an. Leur coût réduit joue aussi, malgré l’augmentation récente : on peut acheter un terrain de 150 000 m² pour la somme de 160 000 dollars.

Selon l’Institut national pour la colonisation et la réforme agraire (INCRA), 5,5 millions d’hectares de terres, dont 55% en Amazonie, sont entre les mains de propriétaires étrangers.

« En comparaison, explique le reportage, l’avancée actuelle des étrangers dans le pays dépasse le rythme auquel le gouvernement fédéral effectue l’expropriation des terres pour la réforme agraire ».

Marina dos Santos, représentante du Mouvement des travailleurs ruraux sans-terre (MST), a déclaré au journaliste : « d’ici peu de temps nous redeviendrons une colonie ».

Confronté au problème, le gouvernement du président Luiz Inácio Lula da Silva est en train d’étudier les dispositifs légaux pouvant ralentir l’achat des terres par des capitaux étrangers. Actuellement, la législation brésilienne permet l’acquisition de terres aux personnes physiques d’autres nationalités résidant dans le pays, ainsi qu’aux personnalités juridiques étrangères autorisées à mener des activités dans le pays.


- Dial – Diffusion d’information sur l’Amérique latine – D 3014.
- Traduction de Julie Verbert pour Dial.
- Source (espagnol) : Noticias Aliadas, 16 juillet 2008.

En cas de reproduction, mentionner au moins l’auteur, la traductrice, la source française (Dial - http://enligne.dial-infos.org) et l’adresse internet de l’article.

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