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VENEZUELA - Les chavistes dans la rue pour la CELAC : comment ça marche ?

Pierre-Charles Marais

lundi 5 décembre 2011, mis en ligne par colaborador@s extern@s

Vendredi 2 décembre 2011 - Le lancement de la CELAC (Communauté des États latino-américains et des Caraïbes) ce jour à Caracas est le théâtre d’une importante logistique, impressionnante mais pas surprenante, pour la venue de 33 chefs d’Etat. Depuis 15 jours toute la ville est en réparations, dans une vaine tentative de maquillage qui, somme toute, aura permis d’améliorer un peu l’entretient de la capitale.

Toutes les institutions publiques y vont de leur logistique, stands, événements, T-shirts etc... pour faire de cet évènement une grande fête pour les travailleurs volontaires qui seront présents pour appuyer le projet du Président Chávez. Les institutions et entreprises publiques seront présentes, les associations de la société civile aussi (notamment celles qui forment le « Pôle Patriotique » qui rassemble les groupes non-institutionnels et non partidisans qui appuient le processus bolivarien), mais je veux ici vous conter comment se déroule la convocation du PSUV, le Parti Socialiste Unifié du Venezuela.

Hier soir je me trouvais, pour des raisons professionnelles et militantes, à la réunion du PSUV de l’arrondissement « Antimano ». Un des secteurs de Caracas le plus massivement engagé en faveur de Chávez (68% aux dernières élections). Comme de tradition au Venezuela, tout s’organise au dernier moment, donc c’est le branle-bas de combat pour la journée du lendemain.

Quel est le défi ?

Pour une journée historique, dispositions historiques. Le Président a déclaré la journée libre dans la capitale, pour calmer la ville, moins d’embouteillages, moins de chaos. Nombreux sont ceux qui sont partis en weekend prolongé, en famille ou à la plage. En tous cas, tous ceux qui ne sont pas spécialement intéressé par le CELAC. Car pour tous mes amis, pas question de bouger de Caracas.

Pour le PSUV, il ne s’agit pas seulement d’être présents. Il s’agit d’occuper la ville, de « prendre » les rues. Nous savons que l’opposition va chercher à saboter, que le moindre problème sera surmédiatisé contre Chávez. Et le meilleur moyen de prévenir les incidents, c’est de faire de la ville une grande fête, que tous nous soyons présent pour faire une ovation aux 33 Présidents, y compris aux 2 que nous détestons, et tout faire pour garantir le succès de cette journée.

Qu’une bande de saboteurs se ramènent ? Ils trouveront autour du Théâtre Teresa Careño, le siège du sommet, pas seulement un service de sécurité mais 10 000 camarades habillés en rouge et débattant des défis à venir.

La convocation

Comment garantir du jour au lendemain la présence de 10 000 militants politiques en un point précis ? C’est là qu’on voit l’organisation du parti. Les responsables d’arrondissement, hier, ont reçu les lignes directrices, lors de la réunion politique hebdomadaire, le mécanisme s’est lancé.
Antimano compte 65 « bases », il s’agit de 65 groupes coordonnés par un cadre politique, un militant du parti qui assume cette responsabilité. Il coordonne un certain nombre de chefs de patrouille, des personnes qu’il connait, de son secteur. Entre 5 et 15, selon les bases. Chaque chef de patrouille a conformé sa patrouille, des voisins, des camarades de la même rue, du même immeuble, tous se connaissent, ils se réunissent régulièrement pour diverses activités, et ils ont choisi un coordinateur chef de patrouille. Lors des élections les patrouilles ont un rôle majeur pour expliquer le projet politique : c’est du porte à porte. Mais pas seulement pour les élections : événement, conflits, la mobilisation est rapide.

65 x 10 x 10 = 6.500 personnes approximativement peuvent être mobilisées en 3 SMS. Le premier à la base, le second au chef de patrouille, le dernier au patrouilleur. Compte-tenu de l’événement l’équipe d’Antimano pense réunir facilement entre 2 et 3000 personnes pour demain.

Ce n’est pas l’opposition qui pourrait s’organiser comme cela.


Blog de l’auteur : http://venezuela-2006.over-blog.com

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