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FILM - CHILI - El club, de Pablo Larraín

Françoise Couedel

mercredi 9 décembre 2015, mis en ligne par Françoise Couëdel

  • Chili
  • Durée : 1 h 38
  • Sortie (France) : 18 novembre 2015
  • Avec Alfredo Castro, Roberto Farías, Antonia Zegers, Alejandro Goic, Jaime Vadel, Alejandro Sieveking.

Le film s’ouvre sur un ciel blafard, l’image d’une maison surplombant une plage déserte, éclairée d’une lumière froide et, en voix off, une citation biblique « Dieu vit que la lumière était bonne et Il sépara les ténèbres de la lumière ». Dans cette maison, souvent plongée dans la pénombre, vivent quatre hommes d’âge mûr assistés dans les tâches quotidiennes par une religieuse.

L’un des occupants entraîne sur la plage, avec acharnement, un lévrier destiné à participer à des courses qui rapporteront de l’argent à cette étrange communauté.

Survient un cinquième occupant dont l’arrivée alerte un pauvre hère, venu d’un village voisin : par ses vociférations il nous éclaire sur le passé de ces hommes et déclenche un drame.

Le malaise est grandissant au sein de la communauté jusqu’à l’arrivée du Père Garcia, un jeune prêtre dont la sérénité contraste avec le cynisme des pensionnaires, leurs sous-entendus malsains, leurs allusions glaçantes, et leur humour noir. Il est envoyé comme directeur spirituel de ce club étrange. Les confessions de ses membres laissent peu à peu entrevoir les raisons de leur éloignement. La religieuse, en apparence si dévouée, se révèle être une véritable sainte nitouche.

C’est peu à peu que sont dévoilées les raisons de cette vie en marge, et que le spectateur comprend que tous ces hommes sont membres de l’Église, mis à l’écart pour des raisons diverses…

La rédemption de ces brebis égarées de l’Église semble être vouée à l’échec et laisse au spectateur une sensation de profond dégoût.

Pablo Larraín, avec Santiago 73, post mortem (2010), nous avait plongé dans les coulisses sordides de la morgue, puis avec No (2012), nous entraînait dans les affrontements médiatiques du referendum organisé par Pinochet. Dans El Club, il continue à explorer l’hypocrisie d’une partie de la société chilienne qui ne s’est pas totalement libérée de sa période sombre et de la toute puissance de l’Église.

Le film a obtenu le Grand Prix du jury au Festival de Berlin (2015) et le Prix du meilleur scénario au Festival de Mar del Plata.

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