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LIVRE - São Paulo : la ville d’en bas, sous la direction de Robert Cabanes et Isabel Georges

samedi 12 décembre 2009, mis en ligne par colaborador@s extern@s

- Éditions l’Harmattan
- octobre 2009
- ISBN : 978-2-296-09896-1
- 494 pages, 37 euros.

Quatrième de couverture

São Paulo, 18 millions d’habitants en comptant sa « périphérie interne » et sa région métropolitaine.

Travail, drogue, associations, vie quotidienne, famille sont des thèmes récurrents dans toutes les banlieues du monde, mais qui connaissent ici des changements contrastés, voire contradictoires. Le travail, c’est l’exploitation sans masque pour les couturières, les Boliviens, les recycleurs de déchets, les camelots, mais aussi, dans ces activités, une tendance vers une grande égalité entre les travailleurs des deux sexes.

Par la drogue, alternative à l’absence ou à la dévalorisation du travail, s’affirme le modèle de « la marchandise politique », en délégation tacite du pouvoir et sous la houlette d’une organisation, le PCC (Premier Commando de la capitale) à l’origine syndicat de prisonniers. Modèle en expansion en d’autres activités, renforcé de toutes les convictions néolibérales. L’action associative est ainsi divisée entre économie solidaire, venue du bas, largement féminine, innovatrice, et entreprenariat social piloté par les agences mixtes privées-publiques, orienté par de douteuses rationalités économico-sociales.

La vie quotidienne est happée par un rapport à la religion très individualiste qui profite aux néo-pentecôtismes et « rénovations » diverses ; elle s’organise mal dans l’espace de l’habitat collectif et de l’habitation précaire. Mais l’espace privé, pris dans les tempêtes simultanées de la crise économique durable et de sa propre restructuration égalitaire, résiste comme un lieu capable de peser dans l’espace public.

La banlieue plie mais ne rompt pas. Lieu de concentration des problèmes qui prend la place du lieu de travail, elle est pleine de passages et de passeurs qui nouent une chaîne d’autonomie morale à travers diverses formes de résistance dont le rap des Racionais est un des symboles forts.

Sommaire

I.- Travail
II.- Drogue et trafic
III.- Associations
IV.- Vivre ensemble et vivre pour soi
V.- Espace privé, espace public

Coordinateurs

Robert Cabanes, chercheur à l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement) travaille sur le Brésil depuis 1984. Il est l’auteur du livre Travail, famille, mondialisation : récits de la vie ouvrière à São Paulo (2002, Éd. Karthala).

Isabel Georges, chercheuse à 1’IRD, travaille sur São Paulo depuis 2001 : elle est l’autrice du livre Les opératrices du téléphone : la face cachée d’un métier relationnel en France et en Allemagne (L’Harmattan, 2007) et de nombreux articles publiés au Brésil et en France sur les thèmes du travail et des rapports sociaux de sexe.

Présentation détaillée par Roberto Cabanes

Ce livre, en français et à destination du public français, est le résultat d’enquêtes coordonnées en coopération avec les Universités de São Paulo et de Campinas par deux personnes IRD (Isabel Georges, Robert Cabanes) et deux professeurs de São Paulo (Vera Telles, Cybèle Rizek) [1]. Tous les papiers sont le fruit d’enquêtes de terrain postérieures à 2002, parfois extraits de doctorats ou de maîtrises d’étudiants qui ont réalisé ces enquêtes avec nous ; tous font appel aux histoires de vie racontées par leurs propres auteurs (7 chapitres sur le travail, 4 sur l’habitat, 4 sur la drogue, 5 sur les associations et 5 sur la famille).

Le fil conducteur relie des récits de vie qui traitent de domination, de résistance à des pouvoirs, de débrouilles personnelles. L’anthropologie de la résistance quotidienne se relaie éventuellement à une critique sociale de la domination. Que l’objet d’étude soit l’activité (salariée, informelle, associative, clandestine), les relations entre voisins ou la vie familiale, chaque chapitre traite de la relation entre ces rapports sociaux spécifiés et les rapports à soi pris dans des itinéraires familiaux, soit donc sur une certaine durée. Cet examen peut donner lieu à des prolongements théoriques différents. Pas de conclusion unifiée donc mais le livre pose ou repose des questions d’actualité qui peuvent concerner beaucoup de villes.

I - Le travail et l’emploi dans la mondialisation

Chapitre 1 – Nadia Castro. Une statistique quantitative sur la région métropolitaine de São Paulo (17 millions) décrit l’évolution des demandeurs d’emploi durant ces dernières années, montrant la tendance au creusement des inégalités et des vulnérabilités.

Chapitre 2 – Robert Cabanes. Le façonnement des itinéraires familiaux à partir des trajectoires de travail et la place des relations familiales dans la constitution des itinéraires de travail. Itinéraires en descente sociale (Claudia, occupation précaire secteur public, Wanda, ex-couturière salariée maintenant coopérativisée), itinéraires en état stationnaire et précaire (Ana Perueira e Milton, enchaînement de ‘survies’ à travers la médiation politique) ou José et Vera (fabricants de cerf-volants), ou José et Ina, (livreur de grandes surfaces et ouvrière temporaire de surface en sous-traitance), itinéraires en ascension sociale (Zé Gloria technicien du métro et son épouse, professeur).. (Robert Cabanes).

Chapitre 3 – Carlos Freire. Les camelots. La profession est vivement perturbée par les nouvelles conditions de circulation des marchandises et des hommes (ouverture des frontières et contrebande) et par la crise du marché du travail classique qui place le secteur dans une situation de concurrence exacerbée. En outre l’accès à l’emploi dans ce secteur exige le passage par un marché de la protection soumis à de très fortes tensions entre les pouvoirs publics (police), les agents élus de la politique (conseillers municipaux), les ‘associations’ de camelots (160), les professionnels de la protection (entreprises et autres) et les formations syndicales (5) dont les formes d’organisation ne sont pas toujours très classiques. Ces tensions engendrent corruption, rapports sociaux mafieux et épisodes de violence. L’aggravation de cette tension dans la conjoncture actuelle de libéralisme économique et d’apparent laissez-faire politique est illustrée par quelques itinéraires biographiques.

Chapitre 4 – Isabel Georges. Les employées domestiques : des bénéficiaires de la mondialisation ?
Presque toutes les femmes de milieu populaire au Brésil ont travaillé pour une période plus ou moins longue comme employée domestique. Cette activité féminine ancienne, issue de l’esclavage, connaît un nouvel essor avec l’entrée massive des femmes sur le marché du travail. Outre des tendances à la professionnalisation (spécialisation sur un segment de « clientèle », comme la garde de nouveaux-nés, ou certains services/produits, comme les plats congelés), cette activité connaît une lente formalisation (législation du travail depuis la nouvelle constitution de 1988 ; mode d’action du syndicat de la catégorie, notamment comme agent juridique). Changements qui affectent, dans certaines conditions, le rapport au droit des employées domestiques, leur sens du ‘juste’, leur conception de soi et leur rapport au monde.

Chapitre 5 – Carlos Freire. Confection et migration, les couturiers et couturières boliviens.
Les migrations récentes des boliviens, agencées à l’origine par les coréens (années 90) sont le produit de la concurrence internationale aiguë qui affecte ce secteur. Travaillant au départ dans les ateliers à domicile des coréens, puis du fait des contrôles du Ministère du travail, à leur domicile propre (avec les machines d’occasion vendues par ces derniers), rendus plus dociles à l’exploitation du fait de leur illégalité, les boliviens (hommes et femmes) créent leurs propres ateliers familiaux en intégrant les dictats de la concurrence dans les relations internes de leur propre communauté. En même temps ils constituent des associations dont l’objectif est de détruire leur image de travailleurs taillables et corvéables à merci, ce qui ne peut manquer d’entraîner des contradictions en leur sein.

Chapitre 6 – Robert Cabanes. Les travailleurs du lixo (déchets).
Collecte et traitement des déchets se développent suite à la conjonction de plusieurs facteurs : raréfaction de l’emploi, croissance exponentielle de la construction spontanée dans les périphéries des grandes villes, croissance du secteur de recyclage des déchets. Au premier caractère, toujours dominant, d’une activité aléatoire de survie se superpose dorénavant un caractère d’utilité sociale due aux campagnes sur l’environnement. L’attention portée à l’amélioration de connaissances techniques (valorisation des déchets) implique de convaincre différents acteurs : particuliers, gros producteurs de déchets, collecteurs. L’usage d’équipements (tri, compactage, triturage, lavage) suppose la connaissance des stratégies des acteurs privés et publics pour obtenir les subventions liées aux capacités techniques. L’organisation sociale de l’activité est confrontée aux problèmes de la faiblesse des revenus et de l’instabilité d’une population exposée (chômeurs de longue durée, alcooliques, ex-détenus). Les itinéraires biographiques singuliers permettent de décrire les variétés de l’activité et les passages du travail de survie à l’organisation sociale autogérée.

Chapitre 7 – Isabel Georges. Syndicalisme ‘atypique’ et modes nouveaux de représentation liés aux contenus du travail et formes d’activité.
À partir des transformations récentes du marché du travail (croissance de l’activité informelle, diversification des situations d’emploi, récurrence du chômage), de la stagnation du syndicalisme traditionnel lié à l’emploi formel et industriel, notamment, et de la croissance de l’activité féminine (dans le secteur des services, emplois formels et surtout informels), des formes de représentation se diversifient également : syndicats du télémarketing, liés au syndicat des employeurs pour la formation et le recrutement ; syndicat des travailleurs informels construit sur le mixage entre la défense de l’outil de travail (la rue), une réorganisation sur un mode coopératif, la fourniture de services divers (logement, santé) ; formes de représentation anciennes en changement (syndicat des travailleurs domestiques) ; syndicats récents ‘représentant’ les activités informelles sous le mode de la protection. Ces formes diverses renouvellent le mode de relation aux adhérents, aux syndicats en place, aux pouvoirs publics et posent de manière contradictoire la question de la reconnaissance du travail dans l’économie informelle.

II - Habiter, voisiner, prier

Chapitre 8 – Cibèle Rizek. Une nouvelle contextualisation : les nouvelles formes de privatisation de la ville et de la politique urbaine. La ‘livraison’ au secteur privé d’immenses surfaces du centre-ville (les 15 quadras du Jardim da Luz) pour un programme de ‘gentrification’ du centre ; le programme d’éradication des favelas par expulsion et achat par le capital privé des ‘baracas’ pour la construction de logements de la classe supérieure ; le programme d’urbanisation des favelas sous-traité conjointement à des entreprises privées d’aménagement (réalisation des œuvres) et des ong ‘sociales’ (obtention du consensus).

Chapitre 9 – Eliane Alves. Le Jardim Sao Carlos : 20 ans de parcours incertains du logement par des occupants découverts illégaux à la suite des spéculations des ‘grileiros’ (faux propriétaires). Après la destruction d’une partie des maisons et la reconnaissance officielle de cette illégalité, se pose le problème de l’action collective des habitants face à ces derniers et face aux pouvoirs publics qui leur sont, par moments, alliés.

Chapitre 10 – Monica. La double matrice du travail féminin ‘modernisé’ : la maison (couture), le quartier (recueil des déchets). D’un côté la résistance à la concurrence internationale et à la délocalisation par l’exploitation croissante du travail et les cascades de sous-traitance ; de l’autre, une croissance urbaine non contrôlée.

Chapitre 11 – Ronaldo de Almeida. Les transits religieux, quelques itinéraires. Le transfert de contenus et pratiques entre religions s’accompagne d’un transit des personnes qui manifestent un nouveau rapport au religieux à la fois plus individualiste et plus communautaire.

Chapitre 12- Ana Lavos. Habitat collectif ou espace collectif ? Une monographie d’immeuble présente les conditions de l’accès et les raisons de la rotativité dans les appartements, les relations de voisinage entre catégories sociales proches par leurs revenus et distinctes par leur insertion professionnelle (camelots, petits fonctionnaires, ouvriers réguliers, marginaux), la reconstitution de parentèles, les formes partagées du savoir-vivre et les formes conflictuelles de co-existence.

III - L’économie souterraine de la drogue

C’est une activité illégale. Mais c’est une fiction : l’illégalité va de pair avec une permissivité officielle ; combattue et tolérée, en croissance, elle se profile de plus en plus comme un modèle pénétrant de nombreuses activités, parallèlement à la croissance des incarcérations.

Chapitre 13 – Vera Telles, Daniel Hirata. L’économie interne des illégalités populaires. L’histoire actuelle d’un quartier et du passage de la criminalité urbaine ‘ordinaire’ à une organisation du trafic qui développe ces illégalités dans de multiples aspects de la vie sociale : occupation de terres urbaines pour l’habitation, intervention dans l’équipement en services urbains, offres d’emploi à des personnes en difficulté, aide aux personnes nécessiteuses, toute une économie de la vie quotidienne est mise en jeu sous son contrôle.

Chapitre 14 – Vera Telles, Daniel Hirata. Les règles de vie sociales des gens du trafic pour ‘survivre dans l’adversité’ et ‘agir selon les règles’. L’examen des traits d’une économie morale se fait à partir de la description de scènes circonstanciées et de tranches de vie qui donnent à voir les règles propres au milieu et les règles de relation avec différents types d’opérateurs externes à ce milieu.

Chapitre 15 – Robert Cabanes, Rafaël. La vie de prison à travers le récit d’un gardien : un moment de parenthèse dans la vie urbaine ‘du crime’ où s’élaborent les modalités de l’articulation perverse entre détenus et gardiens, ainsi que le développement, à partir de la prison, d’une organisation mixte, à la fois syndicat centralisé de prisonniers et entreprises, décentralisées, du crime.

Chapitre 16 – Daniel Hirata. Les codes moraux de la banlieue vus à travers les paroles du groupe de rap ‘Os Racionais’

IV - Les formes de l’intervention sociale actuelle : initiatives publiques et privées

L’intervention sociale connaît un tournant à l’heure actuelle. Sur les bases d’un clientélisme politique, mixé d’interventions d’ONG hybrides (gouvernementales ou pas), s’est développé un univers très diversifié, entre une gestion traditionnelle reproductrice de la misère sociale et le développement d’un tiers secteur qui se présente comme la main gauche d’un nouveau capitalisme gestionnaire du social avec la participation des fonds publics, et comme un modèle de gouvernance. L’enjeu se situe entre une systématisation du néolibéralisme qui laisse à la société civile la possibilité de s’engager en concurrence dans des entreprises de récupération du tissu social qui peuvent être lues comme une simple banalisation-fonctionnalisation de la pauvreté ou une revitalisation de la société civile capable de porter contradictions et conflits dans les cadres proposés par le néo-libéralisme dominant.

Chapitre 17 – José Cesar Magalhaes. Un point de vue théorique : le marché de la pauvreté durable. Il s’agit de saisir les lignes de force qui reconfigurent les pratiques politiques de la périphérie à travers le changement des stratégies d’organisation populaires représentant les intérêts des classes travailleuses (mouvement ouvrier et mouvements populaires urbains des années 1980) et le changement du système de la faveur personnelle. Les formes nouvelles d’association mobilisent savoirs techniques et administratifs, ressources et investissements privés en faveur des populations pauvres de la périphérie. Le jeu politique, auparavant clivé entre des formes revendicatives classiques et le clientélisme politique paraît se jouer dorénavant dans la concurrence entre organisations populaires, d’origine publique ou privée, prestataires de services sociaux. Il s’agit de mettre en perspective les situations inextricables qui naissent de la concurrence entre ces organisations pour l’obtention des ressources, leur visibilité et leur reconnaissance sociale dans ce qu’on pourrait nommer ‘un marché des pratiques d’instrumentalisation de la pauvreté’.

Chapitre 18 – Tatiana Amorim. La responsabilité sociale des entreprises. La naissance et le développement d’une idée, sa mise en œuvre dans le contexte actuel.

Chapitre 19 – Silvia Ferreira, Robert Cabanes. Les mouvements culturalo-identitaires des acteurs les plus déqualifiés : les femmes noires, pauvres et chefs de famille de Cidade Tiradentes. L’accumulation de ce triple ‘handicap’ remonte à l’esclavage et la situation actuelle en souligne le poids. Les pratiques des mouvements et les récits de vie manifestent une analyse radicale des rapports sociaux dont la portée dépasse l’identitaire et renvoie à l’universel.

Chapitre 20 – Silvia Ferreira. Ethnographie d’associations de service social. Le suivi ‘biographique’ d’organisations de base spontanées pose les problèmes du passage à des formes d’organisation officielles ou reconnues et de leur éventuelle mise en dépendance, de la confrontation entre les offres sociales d’encadrement et les projets propres des associations, de la nature des articulations avec les pouvoirs publics, le pouvoir politique élu et le secteur privé, de la nature des contradictions et des conflits en cours, de la modification des références fondatrices, des issues possibles.

Chapitre 21 – Ludimila Abilio. Les programmes ‘redistributifs’ et ‘émancipateurs’ (essais de création d’une activité économique collective) de la mairie de São Paulo. Ces programmes qui n’ont duré que le temps de la gestion 2000-2004 du PT, ont montré, à travers les modes opératoires les plus soucieux d’efficacité des pouvoirs publics, les énormes difficultés culturelles, sociales et politiques en même temps que les horizons, incertains, de toute une frange de la population laissée en marge du marché du travail et soucieuse de ne pas tomber dans l’illégalité.

Chapitre 22 – Daniel de Lucca. La constitution de la population de rue en problème social : l’itinéraire biographique de plusieurs générations de militants dans les conjonctures politiques des trois dernières décennies.

V - Familles, les modes de relation entre espace privé et espace public

L’analyse de la famille, simultanément institution et forme vive, montre, en alternative au sujet de l’individualisation capitaliste, une unité sociale structurant pratiques, références symboliques et valeurs qui n’est pas nécessairement construite ou dominée par cette dernière. C’est cette double forme d’existence, en dépendance ou en autonomie, dans ses relations internes et externes, qui est traitée ici.

Chapitre 23 – Robert Cabanes. L’espace privé constitue-t-il la dernière périphérie du capitalisme sous la forme de l’atomisation des individus et du resserrement de leur exploitation, ou développe-t-il une résistance par la constitution de formes d’individuation et de relations interactives non seulement opposables à l’individualisation capitaliste mais capables de se diffuser dans l’espace public ? Les références utilisées sont de deux enquêtes en milieu populaire à 15 ans d’intervalle.

Chapitre 24 – Yumi Garcia dos Santos. Transformations d’une forme sociale récurrente : les femmes seules chefs de famille en milieu populaire à São Paulo (avec un aperçu sur les différences avec Kobé (Japon) et Paris) : les formes de reconfigurations concrètes et les reformulations des significations d’une vie sociale et privée dans le cadre de contextes sociaux et d’assistances publiques différenciées.

Chapitre 25 – Yumi Garcia dos Santos, Robert Cabanes. Les issues incertaines de la violence domestique masculine prise entre les effets d’une crise économique durable qui aggrave les conditions de vie des familles et l’expression d’une crise du patriarcat et de la fonction traditionnelle de la masculinité.

Chapitre 26 – Isabel Georges, Yumi Garcia dos Santos, Robert Cabanes. Les arrangements familiaux de genre dans les milieux populaires, innovations et reproduction. La transformation des rapports de genre internes à la famille, avec les allers-retours pour les deux sexes de l’activité à l’inactivité, la modification des rôles, droits et devoirs de chaque genre (raréfaction des mariages officiels, diversification des formes de séparation, arrangements de couples au travail, développement des constitutions matrilinéaires sur trois générations, constitution des homosexualités). L’attention porte sur les contenus et les modalités de la négociation des rôles et des tâches en milieu populaire en comparaison avec ce que l’on sait de la classe moyenne (réduction de la taille des ménages, affirmation du noyau nucléaire, souci d’éducation). Avec une attention particulière sur les politiques publiques de transferts de revenus et leur impact sur les rôles familiaux.

Chapitre 27 – Gabriel Feltran. Les familles à double ‘option’. Comment des familles gèrent sur la durée le partage de leurs membres entre ceux qui sont engagés dans le monde du crime et ceux qui opèrent dans la société normale ? Les mobilisations de ressources discursives, éthiques et politiques, permettent de justifier la juxtaposition de ces deux mondes et de les articuler autour de l’institution familiale comme valeur de référence.

Conclusion

Le thème de la délégitimation de l’expérience sociale ordinaire, privée et collective, est récurrent, ses processus variés : délégitimations opérées par les pouvoirs publics concernant le travail et les travailleurs de l’économie informelle, délégitimations opérées par les partis politiques de gauche partis de l’exigence initiale de reconnaissance sociale pour aboutir, par cet oubli, à une ‘politique’ s’illégitimant d’elle-même et laissant toute la place à la raison économique, ignorance politique délibérée du trafic de drogue, objet d’une gestion exclusivement policière. Processus-illustrations d’un thème mondial.

Les formes de résistance, le repérage de l’initiative, de l’inventivité et des luttes des classes populaires s’inscrit en relation à chacune de ces procédures de délégitimation. Multidimensionnelles dans l’articulation privé-public, parfois imaginatives du point de vue de la conscience politique (voir la notion de culture de la périphérie), elles restent en perspective sur plusieurs horizons de possibles.


Fiche du livre sur le site des éditions l’Harmattan : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=29621

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[1L’édition en portugais est prévue pour 2010, sous la responsabilité de Cibèle Rizek et Vera Telles.

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