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LIVRE - Dictionnaire historique de la théologie de la libération, sous la direction de Maurice Cheza, Luis Martínez Saavedra et Pierre Sauvage

mercredi 15 mars 2017, par colaborador@s extern@s

- Éditions jésuites
- ISBN : 978-2-87299-313-0
- 656 p., 52 €
- 31 mars 2016

La théologie de la libération, profondément mêlée aux soubresauts sociaux, politiques, économiques, ecclésiaux des quarante dernières années est elle-même entrée, tout en restant d’une actualité brûlante, dans la mémoire historique commune. Car même si ses principaux protagonistes furent chrétiens (catholiques et protestants), cette aspiration à « libérer les pauvres » en paroles et en actes eut et continue d’avoir des répercussions sur tous les pans de la société, y compris ceux fort éloignés du christianisme. Ce mouvement de fond, qui va bien au-delà de l’expression d’une école théologique, fut et reste à maints égards exemplaire, avant-gardiste et prophétique pour un grand nombre dans une bonne partie de la planète.

- Premier dictionnaire sur ce thème, toutes langues confondues
- Une centaine de spécialistes de 28 nationalités différentes
- 280 entrées : thèmes phares, pays et personnes (théologiens et acteurs)
- Un large panorama de la théologie de la libération, des origines à nos jours
- Une édition de référence dirigée par des historiens et des théologiens
- Un instrument pratique pour accéder aux éléments passés, présents et en devenir du courant théologique le plus marquant après Vatican II

Structure

Un avant-propos de l’éditeur met l’accent sur l’événement que constitue ce dictionnaire, sa genèse (5 ans de travail) et sur les nombreuses découvertes que fera le lecteur. Il présente en outre la structure d’ensemble de l’ouvrage.

Une table analytique du dictionnaire permet d’avoir en une page une vision rapide de la manière dont le dictionnaire a été composé (thèmes, pays, personnes, institutions et revues, panorama, bibliographie, index).

Une table des entrées avec leurs auteurs aide à trouver rapidement les articles.

Chaque entrée vise principalement trois éléments principaux :
1. donner le maximum d’informations sur le sujet ;
2. justifier sa pertinence par rapport au thème et exposer sa relation à la théologie de la libération ;
3. présenter son actualité et son influence.

Un grand nombre de ces entrées sont suivies d’une bibliographie sélective, et renvoient à d’autres entrées touchant à des thèmes proches.

Les entrées institutions et revues se présentent sous forme de fiches (date de fondation, origine, objet, but).

À la suite du dictionnaire, est proposé un large panorama historique : « Genèse, évolution et actualité de la théologie de la libération », œuvre de l’historien Pierre Sauvage. Il retrace les origines intellectuelles, politiques et ecclésiales de ce grand courant (dès l’immédiat après-guerre jusqu’à l’après-concile Vatican II), puis les nombreux débats qu’elle a suscités jusqu’à la fin des années 1990. Elle rebondit dans les années 2000 grâce aux générations montantes travaillant à de nouvelles problématiques, alors que la théologie de la libération bénéficie désormais d’une certaine reconnaissance par le Vatican.

On trouvera en outre dans le dictionnaire une présentation des contributeurs (nationalité, origine, champ de spécialisation, fonction actuelle), une bibliographie exhaustive en langue française de la théologie de la libération, un index de tous les noms cités.

Présentations de l’ouvrage

-  À Paris le 21 mars à 19h30

Avec Étienne Grieu (doyen de la Faculté de théologie du Centre Sèvres), Luiz Susin (théologien de la libération brésilien) et les responsables du dictionnaire.

Au Centre Sèvres
35bis, rue de Sèvres
75006 Paris

Renseignements :
laetitia.girard@editionsjesuites.com, +33 06 13 41 16 66

-  À Namur le 22 mars à 15h00

Avec Luiz Susin (théologien de la libération brésilien) et les responsables du dictionnaire

Au Centre international Lumen Vitae
4, rue Grafé 4
5000 Namur

Renseignements :
nadege.guillaume@editionsjesuites.com, +32 081 23 94 84 ;
pierre.sauvage@editionsjesuites.com, +32 081 23 94 85 ou +32 81 21 15 51.

Avant-propos

Le but principal du présent Dictionnaire historique de la théologie de la libération — le premier jamais conçu toutes langues confondues — est de contribuer à mieux faire connaître ce vaste mouvement théologique né en Amérique latine avant de se diffuser dans le monde entier. La théologie de la libération (TdL) se prête bien à une approche historique pour une double raison : d’une part, elle apparaît à un moment précis de l’histoire du xxe siècle et son évolution est toujours en cours ; de l’autre, elle est une des rares théologies qui a toujours voulu agir sur l’histoire des peuples.

L’idée de cet ouvrage est née en 2012 lors d’un comité des éditions Lessius à Bruxelles. Plusieurs d’entre nous souhaitaient continuer à publier des ouvrages issus de ce courant — études, témoignages, hommages… —, mais nous nous heurtions au fait que le contexte dans lequel était née cette théologie semblait à maints égards appartenir définitivement au passé, surtout après la démocratisation des pays latino-américains et la mise au pas de la part de Jean-Paul II d’un certain nombre de « pères fondateurs » de la TdL. Il fallait nous rendre à l’évidence : cette théologie de l’histoire, intrinsèquement liée aux soubresauts sociaux, politiques, économiques, ecclésiaux des ­quarante dernières années était elle-même entrée, tout en restant d’une actualité brûlante, dans la mémoire historique commune. Commune, oui, car même si ses principaux protagonistes furent chrétiens (catholiques et protestants), cette aspiration à « libérer les pauvres » en paroles et en actes eut des répercussions sur tous les pans de la société, y compris ceux fort éloignés du christianisme. Ce mouvement de fond, qui va bien au-delà de l’expression d’une école théologique, fut et reste exemplaire, avant-gardiste et prophétique pour un grand nombre dans une bonne partie de la planète.

Pourquoi un dictionnaire ?

On aurait peut-être pu se contenter de l’imposant panorama historique de la TdL : Genèse, évolution et actualité de la théologie de la libération, œuvre de l’historien Pierre Sauvage [1], publiée en fin de volume et qui retrace les origines intellectuelles, politiques et ecclésiales de ce grand courant (dès l’immédiate après-guerre jusqu’à l’après-concile Vatican II), puis les nombreux débats qu’il a suscités jusqu’à la fin des années 1990, avant de rebondir dans les années 2000 grâce aux générations ­montantes travaillant à de nouvelles problématiques, alors que la TdL bénéficie désormais d’une certaine reconnaissance par le Vatican.

L’histoire des sources de la TdL restait encore largement à écrire et ce panorama s’y emploie avec précision. Parmi beaucoup d’autres informations, on y apprend ­comment, dès les années 1950, la méthode « voir-juger-agir » de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) devient le critère de discernement pour tous les futurs acteurs de la TdL dans un contexte socio-économique de développement. Et comment ces philosophes de combat que furent Jacques Maritain et Emmanuel Mounier formèrent la conscience politique et religieuse en Amérique latine. L’accent est aussi mis sur ce point aveugle que constitua la question des pauvres au concile Vatican II, ce qui ­provoqua d’autant plus les acteurs de l’Église latino-américaine, confrontés à une pauvreté de masse, à la prendre au sérieux à travers engagements et déclarations jusqu’à la réunion de Chimbote (Pérou) en 1968, où Gustavo Gutiérrez proposa d’inscrire son action sous l’étendard de la « théologie de la libération ».

Plus connus pour certains sont les éléments historiques de la partie centrale, où Pierre Sauvage décrit la montée en puissance des propositions de la TdL et les confrontations avec les pouvoirs politiques en place, ainsi qu’avec le Vatican (de Paul VI à Jean-Paul II). Mais l’auteur — et c’est là son originalité — a pris soin de suivre pas à pas tout ce déroulement, faisant droit aux arguments favorables ou non à ce mouvement. Si bien que le lecteur se trouve en possession d’un maximum d’éléments pour juger par lui-même, éclairé par des commentaires circonstanciés.

La dernière partie tente d’opérer une première synthèse des rapports en voie de normalisation entre les théologiens de la libération et le Vatican à partir de l’élection de Benoît XVI. Étape cruciale au moment où la TdL cherchait un second souffle dans le nouveau contexte de mondialisation de l’économie et de la culture. Une génération de théologien(n)es fait alors son apparition qui s’efforce de penser — toujours à partir de l’« option préférentielle pour les pauvres » — l’émancipation des femmes, des Noirs, des indigènes, ainsi que l’écologie.

Aucun panorama n’a le pouvoir, cependant, de restituer l’extraordinaire multiplicité d’angles de vue à laquelle a très vite donné lieu la TdL. Ce que fait le présent Dictionnaire.

En premier lieu, il nous fallait préciser les thèmes spécifiques de ce courant. Une ­douzaine ont été choisis — de la « Christologie de la libération » à la « Théologie du peuple », en passant par la « Libération » et l’« Option préférentielle pour les pauvres ». Ces longs articles, qui posent les bases et retracent l’histoire de chacune de ces « notions », sont écrits par de grands spécialistes (dont Leonardo Boff et Juan Carlos Scannone) qui ont fait l’effort d’actualiser au maximum ces notions, constantes références des autres articles.

Les entrées les plus inattendues peut-être sont celles consacrées aux pays et continents, en particulier celles portant sur l’Amérique latine (19 articles). Vus d’Europe, ces pays paraissent très semblables, en ce qu’ils partagent une même aire linguistique — l’espagnol et le portugais —, ainsi qu’une même histoire coloniale. À partir de leur indépendance au début du xixe siècle, toutefois, chacun s’est fait fort de cultiver une identité propre sans lien direct avec ses voisins. Les Églises locales, de ce fait, ont pris des chemins différents, et les réactions plus ou moins tendues en leur sein face à l’aggiornamento promu par Vatican II et, a fortiori, face à la TdL, qui prône la « libération des pauvres », sont rien moins que révélatrices de la profondeur de la conscience religieuse et politico-sociale de chacune d’elles. Le point commun de tous ces pays d’Amérique latine est la pauvreté de masse. Ils le partagent avec l’Afrique et l’Asie, continents où certains ont pris le relais de la TdL.

On sera encore plus surpris de trouver des entrées sur l’Amérique du Nord (Canada, États-Unis) et l’Europe (Belgique, Espagne, France, Suisse). Le fait est que ces pays ont formé en Amérique latine un grand nombre de théologiens et d’acteurs pastoraux proches de la TdL. En plein bouleversement social et ecclésial des années 1970 et 1980 au sein du monde occidental, ce soutien n’était pas anodin. Beaucoup de leurs formateurs voyagèrent d’ailleurs dans ces différents pays (surtout en Amérique latine), et, quand ils n’y restèrent pas (en tant que prêtres Fidei Donum par exemple), ils en sont revenus en essayant de former des communautés ecclésiales de base, ou s’en approchant. La pauvreté étant à présent devenue un des soucis majeurs de nos sociétés occidentales, des jeunes théologiens européens et nord-américains s’inspirent de la TdL pour approcher et évangéliser ceux qui en sont victimes. En sorte que l’Europe et l’Amérique du Nord commencent à apprendre de ceux qu’ils ont naguère formés…

Provenant de toutes ces zones culturelles, les personnes faisant l’objet d’un article (178) forment le groupe le plus important du Dictionnaire. Peu de femmes (une ­douzaine), mais elles sont parmi les plus jeunes, et leur nombre va croissant. Peu de laïcs (une vingtaine), car ce sont surtout des clercs qui ont donné l’impulsion et développé les grandes intuitions de la TdL. Une quinzaine de protestants, assez isolés mais qui, pour la plupart, via les pays anglo-saxons, ont su faire école.

Un équilibre a été recherché entre notices sur des intellectuels (principalement théologiens, mais aussi historiens, sociologues ou philosophes) et acteurs sur le terrain (même si cette distinction s’avère pour beaucoup artificielle). Sont appelés ici « théologiens » celles et ceux qui ont produit une œuvre écrite et « acteurs » celles et ceux qui ont mis en pratique la TdL (du simple agent pastoral en pleine campagne à l’évêque). Il en est parmi eux dont la vie en fut brisée (au sens propre comme au sens figuré), ce qui confère à leurs portraits une dimension certes tragique, mais traversée par la joie d’avoir servi un idéal jusqu’au bout.

Il faudrait se garder de croire que ces engagements au sein de la TdL ont été purement individuels. Au contraire, quantité d’institutions issues d’Églises locales ou de Congrégations religieuses (auxquelles s’adossaient souvent des revues) ont été animées par différents théologiens en vue de former les acteurs dans le domaine biblique, théologique, pastoral, sociologique, politique, historique, etc. De là s’est constitué un solide réseau à travers toute l’Amérique, en relation étroite avec l’Amérique du Nord et l’Europe. On trouvera après la lettre Z des notices sur les principales institutions et revues rattachées de près ou de loin à la TdL et dont il est question dans l’ensemble de ce volume.

L’immensité du champ à traiter dans un espace limité a imposé des normes souvent rigoureuses aux contributeurs. Il faut souligner que tous ont répondu avec ferveur et générosité à nos demandes d’articles. Leur enthousiasme nous a confirmé l’importance de ce regard rétrospectif que nous entreprenions. De plus, chacune de leurs contributions nous a montré combien la TdL suscite toujours un grand intérêt et qu’elle est source de créativité permanente. L’exigence de transmettre des éléments historiques objectifs sur telle notion, tel pays, tel continent, telle personne, n’a pas empêché les auteurs, et c’est heureux, d’émettre des points de vue parfois très personnels.

Au nombre de 117, ceux-ci caractérisent déjà à eux seuls toute la variété de ce dictionnaire, avec 28 nationalités représentées, provenant principalement du Brésil, d’Argentine, de Belgique, de France, de Colombie, d’Uruguay, du Chili, du Pérou… mais aussi, plus rares, du Congo-Brazzaville, de la République démocratique du Congo, de Corée ou d’Indonésie.

Tout ce travail — mine d’informations souvent méconnues et placées en perspective — a été orchestré et supervisé par trois directeurs : Maurice Cheza (spécialiste des théologies du Tiers Monde), Luis Martínez Saavedra (spécialiste de la TdL en Amérique latine) et Pierre Sauvage (spécialiste de la TdL en Amérique latine et de sa réception dans le monde occidental), assistés d’Alzirinha Rocha de Souza (spécialiste de la TdL au Brésil) et de Caroline Sappia (spécialiste de la TdL en Amérique du Sud et de sa réception dans le monde francophone). Une partie des articles ayant été rédigés en langue étrangère, ils se sont appuyés sur une remarquable équipe de traducteurs : Édith Bernard, Ignace Berten, Jean-Marie Faux, Pierre De Guchteneere, Paul Tihon, Fabienne Vanoirbeek. Enfin, pour la mise en forme de ce volume, nous avons pu compter sur les compétences d’Hubert Jacobs, Renaud Gérard et Michèle Vandroogenbroeck.

Ce dictionnaire a été écrit pour tous ceux — universitaires, étudiants — que passionnent l’histoire et la théologie comme pour ceux que passionnent en général l’histoire des idées, l’histoire de ceux qui les formulent et de ceux qui les mettent en œuvre — parfois au péril de leur vie. Ils disposent ici d’un instrument pratique pour accéder aux éléments essentiels de la TdL. Peut-être se laisseront-ils surprendre par des chemins de pensée ou des destins inconnus d’eux jusqu’alors. Par là, ils suivront de près les traces des responsables de cet ouvrage qui, malgré leur bonne connaissance du domaine, ont été avec émerveillement de découverte en découverte.

L’éditeur,

11 janvier 2017.

responsabilite


[1Ce panorama se situe dans la suite de ceux, déjà anciens, d’Enrique Dussel : Théologie de la libération : perspectives latino-américaines (Économie et humanisme/Éditions ouvrières, Paris, 1974) et de Manuel Alcalá, « Théologie de la libération : histoire, courants, critique », dans l’ouvrage dirigé par Bruno Chenu et Bernard Lauret : Théologie de la libération : documents et débats (Le Centurion, Paris, 1985, p. 11-35).

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