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DIAL 2994 - Dossier Haïti, d’hier à aujourd’hui

HAÏTI - Bref retour sur une histoire mouvementée

CDTM Montpellier

mardi 1er avril 2008, mis en ligne par Dial

Ce dossier « Haïti, d’hier à aujourd’hui » reprend les deux articles principaux du dossier « Haïti, un pays en quête de stabilité » élaboré par le CDTM de Montpellier et publié sur le site de Ritimo. Le dossier préparé par le CDTM comprend aussi une carte et une bibliographie commentée. Ce premier texte présente l’histoire de l’île.


Haïti : une perle montagneuse

Située dans les Antilles, la République d’Haïti est la partie Ouest de l’île de Saint Domingue ; la partie Est étant la République dominicaine. En 1492, cette île fut « découverte » par Christophe Colomb qui la nomma Hispaniola. Elle avait alors un important couvert forestier. Elle était habitée par des Indiens tainos qui furent tués ou réduits en esclavage.

Haïti a un relief très accidenté : les mornes (montagnes) culminent à 2680 m et il n’y a que de rares plaines. Quelques îles (de la Gonâve, de la Tortue) complètent le territoire principal.

En raison de la croissance démographique, les habitants ont déboisé massivement les mornes pour augmenter les surfaces cultivables. Aujourd’hui 97% de la forêt primaire a disparu, ce qui provoque une grave érosion qui emporte les sols. Les mornes à nu étant improductifs, la densité de population dans les zones cultivables est forte.

Le mode de culture hérité de l’époque coloniale provoque un important exode rural vers les principales villes du pays (Cap Haïtien, Gonaïves et Port-au-Prince la capitale, qui compte plus de deux millions d’habitants). Port-au-Prince a vu sa population multipliée par deux depuis 1991. La plupart des nouveaux arrivants viennent grossir les rangs du bidonville « Cité soleil » situé entre le port et l’aéroport et qui compte à lui seul 200 000 habitants.

Haïti est l’un des pays les plus pauvres du monde : sur l’indice de développement humain (IDH) établi par l’ONU, il figure au 153e rang sur 177 pays.

Ce petit pays, pauvre économiquement mais riche de son histoire et de sa culture, se trouve confronté à plusieurs grands défis, dont un défi politique qui vise à créer un véritable État-nation qui permettrait de créer les conditions nécessaires à l’émergence d’une économie. Et un défi écologique, avec la nécessité de repenser le modèle agricole vers une agriculture raisonnée s’inscrivant dans une logique de développement durable.

De l’indépendance à la nécessaire création d’un État-nation

Après sa découverte, l’île dépourvue de grandes ressources (ni or, ni argent), sera délaissée par les Espagnols. La présence française date du XVIe siècle, avec une installation sur l’île de la Tortue, puis sur la partie nord de l’île. Cette colonie faite d’aventuriers et de pirates reçoit le soutien du roi de France qui obtient de l’Espagne une souveraineté sur la partie occidentale de l’île.

Les Français introduiront des cultures coloniales : canne à sucre, café, cacao et coton. L’île devient riche et à la fin du XVIIIe siècle, elle est la colonie la plus riche du monde. Elle produit à elle seule 85% de la production mondiale de sucre. Cette richesse repose sur le travail des esclaves importés d’Afrique, dans le cadre du commerce triangulaire, et sur le monopole de l’exportation vers la Rochelle et Nantes.

La révolution française va causer la chute de ce système colonial esclavagiste. En 1791, les esclaves noirs se révoltent pour que leur soient appliqués les principes de la révolution « tous les hommes naissent libres et égaux en droit ». Toussaint Louverture, un régisseur noir (chargé de l’administration d’un domaine) affranchi, prend la tête de cette révolte. L’abolition de l’esclavage en 1794 va le rallier temporairement à la France. Nommé général en chef, il s’empare de la partie espagnole de l’île et donne une unité politique à l’île de Saint-Domingue. Il légifère seul, proclame une constitution et gère le territoire de façon de plus en plus indépendante.

Napoléon le perçoit alors comme un rebelle et refuse cette marche vers l’indépendance en raison de la position stratégique de l’île et de sa richesse économique. En 1802, l’empire envoie 20.000 soldats pour reconquérir Saint-Domingue. Malgré l’arrestation de Toussaint Louverture, l’opération est un échec. Les anciens esclaves parviennent à refouler les troupes de l’empire et le 1er janvier 1804, le général Jean-Jacques Dessalines proclame l’indépendance de la République d’Haïti, première République noire au monde et deuxième État indépendant du contient américain.

Mais cet État n’est pas accepté par les puissances européennes et les États-Unis voient d’un mauvais œil une république noire qui pourrait donner des idées aux esclaves américains. La République d’Haïti se retrouve dans un premier temps complètement isolée.

En 1825, Charles X reconnaît Haïti moyennant le remboursement des terres confisquées, soit la somme 90 millions de francs-or, ce qui représente une année de budget de la France de l’époque. Cette dette, très préjudiciable au futur développement économique du pays, sera payée jusqu’en 1893. Haïti obtient une reconnaissance sur la scène internationale et se présente comme le symbole de la dignité noire. Le pays sera très actif pendant le XIXe siècle, aidant Bolivar dans son combat pour l’indépendance des pays d’Amérique Centrale. En 1919, Haïti fera partie des membres fondateurs de la SDN (Société des nations) par la signature du Traité de Versailles. Plus récemment, Haïti a aidé la France à faire du français une langue officielle aux Nations unies.

Mais la réalité intérieure du pays ne correspond pas à ce prestige international : depuis l’indépendance en 1804, le pays n’a jamais connu de stabilité politique. Peu après le règne de Dessalines, Haïti fut coupé en deux systèmes politiques distincts : au Nord, une monarchie dirigée par le Roi Christophe, au Sud, une république dirigée par Pétion. En 1844, la partie orientale de l’île fait sécession sous le nom de République dominicaine, ce qui donnera les frontières actuelles à la République d’Haïti. Le pays ne connaîtra pourtant pas de stabilité politique durable. Haïti sera tantôt soumis au joug de dictateurs tels les Duvalier père et fils, tantôt sous occupation américaine ou sous tutelle de l’ONU. Depuis l’indépendance, sur les 45 chefs d’État qui se sont succédés, 28 ont été tués ou renversés par un coup d’État.

La fin du XXe siècle a été très confuse. Le président Aristide qui constituait un espoir pour les Haïtiens et la communauté internationale, a installé un régime de terreur par l’intermédiaire de milices appelées chimères. Des journalistes ont été assassinés et l’opposition violemment réprimée. Coups d’État, opération des États-Unis, intervention des Nations unies. Après la fuite du Président Aristide en 2003, le pays connaîtra de nouveau une instabilité proche de la guerre civile. Les élections ont été repoussées 4 fois avant de voir René Préval élu à la présidence de la République.

Pour bon nombre d’analystes, le redressement d’Haïti passe par le redémarrage de l’économie. Ce critère nécessaire semble cependant insuffisant. Le principal défi que doit relever le pays est la stabilisation de l’État et de ses institutions. C’est l’instabilité politique qui a provoqué la fuite des industries vers l’étranger. La stabilité est la condition nécessaire et préalable et la création d’un marché intérieur et du redémarrage économique du pays.

Haïti et la banqueroute du pays

La banqueroute économique que connaît le pays prend naissance avec les indemnités d’indépendance imposées par les Français. Cette charge a constitué une entrave au développement économique du pays et a continué à peser jusqu’en 1922 en raison d’emprunts extérieurs destinés à la rembourser. Haïti ne s’en est jamais vraiment relevé.

En 1914 Haïti se trouve économiquement à genoux et l’intervention américaine l’année suivante n’arrangera rien. Jusqu’à cette date, Haïti n’était débitrice que d’un seul pays : la France. Durant l’occupation, les États-Unis obligeront Haïti à contracter un emprunt de 30 millions de dollars : emprunt politique destiné à transférer la dette haïtienne des mains des Français aux mains des États-Unis.

Cette régulière et profonde ingérence économique étrangère n’a jamais permis l’essor d’une économie nationale et d’un État suffisamment fort. Après l’indépendance, le pays n’a jamais eu les moyens de se reconstruire. On a pu dire que « l’histoire d’Haïti est un répertoire de tout ce qu’il ne faut pas faire pour sortir du sous-développement ». Le gouvernement d’Haïti se livre aux usuriers qui lui font des avances à des taux inconnus en Europe et qui appauvrissent le pays en l’endettant tous les jours davantage. La situation économique actuelle est le résultat de l’utilisation d’Haïti comme terrain de jeu pour des puissances occidentales qui s’exercent à l’impérialisme.

L’économie haïtienne est essentiellement rurale et agricole, les deux tiers de la population vivant en milieu rural. L’agriculture, bien qu’elle souffre d’un manque d’engrais, d’outils et d’irrigation, reste le principal secteur économique du pays (60% de la population active et 30% du PIB).

Le secteur industriel est faible et se limite au textile et aux usines d’assemblage. Les entreprises travaillant pour le secteur national survivent difficilement. Après les coups d’État militaires, les firmes étrangères qui représentaient le tiers de l’industrie du pays en 1987 ont quitté Haïti ou réduit leurs activités au strict minimum pour cause d’embargo imposé par la communauté internationale. Cet embargo a eu pour conséquence de multiplier par cinq le prix de l’essence et de nourrir l’inflation. Depuis 1990, 130 entreprises tournées vers l’international ont fermé leur porte, augmentant ainsi le flux déjà très important des chômeurs.

Et, contrairement à la République dominicaine, Haïti ne peut compter sur la manne touristique. Le Club Méditerranée a fermé son dernier établissement en 2000. La ligne aérienne Paris-Port au Prince a été supprimée.

Enfin, dernière spécificité, l‘importance économique de la diaspora : un Haïtien sur cinq vit actuellement à l’étranger, soit 2 millions de personnes : 1 million en République dominicaine, 400.000 aux États-Unis, quelques milliers en France et au Canada. Chaque année, ce sont de 500 millions à 1 milliard de dollars qui sont envoyés au pays, ce qui représente jusqu’à 25% du PIB, soit 3 fois le budget de l’État.

La faiblesse économique conjuguée à la quasi-banqueroute de l’État et à une inflation galopante entraîne la dépréciation de la monnaie nationale : la gourde. La faiblesse monétaire ne permet pas au pays de rembourser ses dettes vis-à-vis des États-Unis ou de la France. De ce fait, le pays qui vit grâce à sa diaspora et à l’aide internationale, se retrouve dans une situation de profonde dépendance.


Chronologie

  • 1492 : « Découverte » de l’île par les Espagnols et extermination des populations autochtones
  • 1697 : Partage de l’île entre la France et l’Espagne
  • 1794 : Abolition de l’esclavage
  • 1802 : Rétablissement de l’esclavage par Napoléon
  • 1804 : Indépendance
  • 1844 : Division de l’île en 2 parties : Haïti et République dominicaine
  • 1915-1934 : Occupation par les États-Unis
  • 1957 : Élection de François Duvalier
  • 1971 : Jean-Claude Duvalier succède à son père
  • 1986 : Fuite de Jean-Claude Duvalier
  • 1986-1990 : Succession de coups d’État
  • 1990-1996 : Présidence de Jean-Bertrand Aristide (renversé par un coup d’État en 1991, il revint au pays le 15 octobre 1994 pour finir son mandat après trois ans d’exil)
  • 1996-2001 : Présidence de René Préval
  • 2001-2004 : Deuxième mandat de Jean-Bertrand Aristide qui se termine par sa démission et son exil
  • 2004-2006 : Gouvernement intérimaire
  • 2006 : Élection de René Préval

Dial – Diffusion d’information sur l’Amérique latine – D 2994.

  • Source (français) : Ritimo.

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Messages

  • RENVERSER ET CONSERVER PAR LE PONT
    En tant qu’observateur épris de sagesse pour saisir le patrimoine historique du people Haïtien sans me fondre dans l’actualité ni l’ignore je découvre dans la donne politique haïtienne un problème fatal séculaire et chronique qui menace le destin du pays. Un problème démon qui s’appelle « renverser », devenant à la fois un idéal et un de vie proprement haïtien. Car nous avions renversé les colons pour instaurer une Nation et de la naissance de cette nation depuis 1804 jusqu’à nos jours, nous avons deux siècles couronnés de renversements de chefs d’État dictateur par des insurrections, des coups d’État, le renvoi du parlement ou par motion de censure contre le gouvernement. Renverser pour cause de douleurs, de souffrance, de misère, de torture est naturel, légitime, droit de légitime défense. Mais si à chaque décennie de notre histoire on est forcé de revendiquer et d’appliquer le droit de légitime de défense encore plus que tous les autres peuples de la terre, ne faut-il par sagesse nous remettre d’abord en question pour mettre la main sur la plaie et la cause de la maladie ?
    Non l’haïtien ne veut pas souffrir d’aucune maladie mais n’entend point protéger sa santé contre les microbes, les virus, les bactéries. Si on veut tuer les vers de notre plaie, il faut s’abstenir aussi d’être l’ami des mouches à l’origine des bactéries et des vers. Si on veut renverser un chef d’état pour s’emparer du pouvoir, il faut apprendre à bien gouverner, à protéger son pouvoir à conserver le pouvoir. L’attitude ou la mentalité haïtienne à renverser sans aucun souci ni sagesse de protéger ni conserver nous donne une allure d’innocents naïfs condamnés à répéter éternellement les mêmes erreurs du passé. Une attitude qui dénote de notre part une irresponsabilité, d’immaturité qui menace notre crédibilité, notre honneur, notre intégrité, notre droit au respect où l’autre nous agresse, nous envahit en raison de notre attitude naïve et effrontée de ne pas nous respecter nous-mêmes. Si vous ne vous respecter pas en tant que peuple, incapable de se charger de ses propres droits, quel autre peuple qui va vous respecter ? Seul un peuple de bon samaritain qui osera respecter vos droits bafoués par vous-même. Mais dans le contexte politique des nations, c’est la force et la sagesse qui priment et non la naïveté.
    Dans l’actualité haïtienne, de grands échos sonores s’élèvent pour sensibiliser, mobiliser contre les occupants qui nous agressent en violant nos droits afin de chasser les forces d’occupation. C’est normal, légitime, naturel. Mais quelle alternative de sécurité éventuelle concrète qu’on envisage pour assurer la stabilité politique après le départ ? Aucune ! Seulement on veut renverser parce que c’est légitime car nos émotions cruellement atteintes. Que me sert-il aujourd’hui de renverser si je n’ai aucune alternative, aucune mesure de sécurité pour demain. Politiquement Gouverner c’est prévoir. Mais en Haïti gouverner c’est jouir du pouvoir sans rien protéger et ni conserver. Un peuple qui rêve de jouir sans souffrir, qui ne veut que sentir pour réagir dans le sens du plaisir ou du déplaisir selon les circonstances. On n’entend rien prévoir, rien protéger, rien conserver. Comme un esclave qui s’affranchit de son maître en gagnant sa liberté mais qui refuse de travailler pour maintenir sa liberté, entretenir sa liberté, conserver sa liberté. Il refuse le travail jeté dans la rubrique de l’esclavage pour devenir adorateur de bon samaritain vénéré comme un dieu pour le don de l’aumône. Donc il devient encore plus esclave, puisque le maître sort du rang humain pour s’élever au rand de la divinité. Il affranchissait d’un maître pour devenir esclave de son propre ventre et d’un bon samaritain. Doublement esclave.
    Quant à moi sans être marxiste je me cultive dans la sagesse de Karl Marx qui affirmait on ne soulève pas un problème si on n’a pas l’alternative d’une solution à proposer. Marx critiquait le capitalisme posé comme problème en offrant le communisme comme solution. Le marxiste combattait pour renverser le pouvoir mais savait exactement par quoi le pouvoir va être remplacé. Il prévoyait tout. Éventuellement La solution politique privilégiée par Marx a failli dans le temps n’étant pas efficace. Mais l’essentiel il ne luttait comme un fou pour renverser un pouvoir.
    Il existe de nombreux haïtiens compétents capables de gouverner politiquement bien le pays vers un meilleur avenir. Mais Nombreux sages haïtiens s’abstiennent de la politique pour ne pas salir son intégrité, sa probité, sa renommée, son talent dans l’éruption permanente du volcan de la corruption, de la gabegie administrative, de la politicaillerie, du clientélisme politique, ce marché fertile de fanatiques de tout acabit prêts à tuer ses adversaires pour honorer ses amis, une lupanar politique, un bordel politique.
    Les politiciens honnêtes qui osent se pointer sur l’échiquier politique n’ont pas la côte politique nécessaire pour prendre le pouvoir. Ils forment un groupe marginal condamné éternellement dans l’opposition. Ces politiciens honnêtes n’ayant pas la langue de bois des fanatiques du clan pour faire des promesses de miel et du lait pour remplir le ventre, ne reçoivent en conséquence, l’appui des fanatiques émotionnels qui finissent toujours par élire un chef grâce à ses folles promesses. Des promesses qui n’arrivent jamais. Car le fanatique croit dans son ventre, mais le chef politique croit dans sa poche. Politique de jouissance dans la magouille pour remplir la poche par la dilapidation de la caisse de l’état ou du trésor public, le politicien obèse et boulimique ne laisse rien pour le ventre de ses fanatiques qui l’avaient hissé au pouvoir.

    Je vous dis franchement qu’il existe en Haïti trois grands groupes penseurs politiques ou politiciens. D’abord les dynamiteurs qui sont là juste pour détruire, voler, se corrompre, dilapider les richesses en recourant à la violence, à l’oppression, à la répression, à la torture, à la dictature pour gouverner. Le chef dynamiteur à ses fanatiques dynamiteurs, tous de la foi solide, convaincue et persuadée dans la destruction pour gouverner ou pour vivre.
    Deuxièment il existe les politiciens et les hommes qui refusent la destruction en s’affirmant pour la construction. Ce son des ingénieurs politiques ou sociaux. Mais même si tous les ingénieurs œuvrent dans les constructions, ces constructions se divisent en deux grands groupes.
    Il existe des ingénieurs qui construisent des murs pour séparer, pour diviser dans le but de se protéger contre l’autre ou d’assurer sa propre sécurité. Les gens ont la sécurité grâce au mur érigé mais vivent dans une peur continuelle de l’autre car on ne sait pas la réaction de l’autre, on ignore quand il va nous frapper, écraser le mur pour nous agresser. On vit dans un État de forces, de bras, de fer, de mur, où malgré la sécurité on continue de vivre dans l’angoisse et la peur de l’autre qui nous même à construire des murs. Simple question de temps dans le rapport de forces pour qu’une force s’érige en maître, change la donne, impose sa loi. Victime faible d’hier, devient bourreau puissant demain fait la loi à tous selon sa propre volonté, ses propres oukases. Jeu de forces, changement de place, mais toujours le même règne de division, séparation, de peur qui entraînent la guerre.
    Il existe aussi des ingénieurs qui construisent des ponts pour favoriser la communication entre les gens. La communication favorise à son tour le dialogue, l’entente, l’échange, la négociation, la paix et l’harmonie. Au lieu de peur on vit dans la confiance de l’autre dont la présence nous rassure. C’est un État de cœur et d’esprit où les gens croient dans la bonne entente le vivre ensemble, l’interdépendance mutuelle. Non seulement on vit dans la sécurité mais encore on vit dans la sérénité et la confiance. Le pont qui favorise la bonne entente entre le moi et l’autre est de la même nature que le principe de l’amour étant l’addition de l’ovule et du sperme, communion de deux cœurs dans un engagement d’amour et de fidélité qui inspire la confiance mutuelle. Par contre le mur fonctionne comme la logique du besoin, un prédateur qui vise à combler seulement le vide de ses besoins. Le prédateur s’empare de la matière de l’extérieur comme substance pour remplir son ventre et se satisfaire. Il fait une soustraction des subsistances de la matière pour se remplir, se satisfaire. Une tendance égoïsme, de satisfaction de soi, de jouissance personnelle. Quant à la dynamite c’est l’incarnation du diable, de Satan par excellence qui croit uniquement dans le vice de la destruction.

    En Haïti il faut cesser de produire des dynamiteurs dont on peut soupçonner les mains dans les renversements, les insurrections, les coups d’État, la violence, la torture ou la dictature.
    Quant aux ingénieurs de mur on peut soupçonner leur mains dans la politicaillerie du populisme, de la formation des clans, de fanatiques, où le chef se comporte un grand patron ou père protecteur de ses amis, ses fanatiques mais bourreau de ses adversaires politiques à l’occasion si les circonstances l’exigent. Le chef vit dans la complaisance avec ses fanatiques et dans l’hostilité avec ses adversaires. Mais le dynamiteur il ne veut ni amis ni ennemis, c’est un tyran dont la seule règle est pour que tous me craignent. François Duvalier disait « la révolution mangera ses propres fils. C’est dire qu’il ne compatit pas sur des amis mais sur la force à engendrer la peur chez les sujets.
    En Haïti on grandement besoin des ingénieurs de ponts de la vraie vie : communication, échange, dialogue, entente, négociation, paix, harmonie, sagesse, équilibre, balance, modération, pondération, sécurité, sérénité, confiance, assurance, vivre ensemble. Communion de cœurs et d’esprits. État de force sans États de cœurs et d’esprits État d’un vain destin.
    14 novembre 2009

  • J’ai pris le temps de lire le très long discours posté au dessus.. sauf que la situation d’haiti ne pouvait pas être différente, car ce pays n’a jamais été accepté dans le communauté des des nation après son indépendance.. ce n’est pas pour rien qu’on lui a forcé de payé 150 millions francs or pour reconnaître son indépendance.. Ce sont ces mêmes personnes qui dans le temps ne nous acceptaient pas, et qui aujourd’hui veulent nous imposer des choses que eux mêmes ne sont en mesure d’appliquer dans leur pays. Ce pays a toujours fait l’objet de convoitise, on a toujours traité maltraité haiti, des mains inconnues ont toujours utilisé pour déstabiliser ce pays.. En Haiti la grande majorité de la population vit très bien ensemble, sauf qu’une petite élite payée par des puissance étrangères, sont auteur de tous les coup d’état qu’a connu haiti. Le vote des haitiens n’a jamais été respecté, prenons le cas d’Aristide en 1991.... Aucun vrai chef d’état d’haiti ne peut rester au pouvoir.. Sil veut rester au pouvoir il faut qu’il soit soumis aux ordres.. C’est pour cela que nos douleurs ne disparaiteront pas tout de suite.. J’espère qu’un jour une génération s’élèvera pour construire cette nation magnifique chargée d’histoire.. Haiti est le patrimoine de l’humanité.. inventrice des vrais droits de l’homme.. Ceux de vivre libres et égaux..

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