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Cinquantenaire de l’indépendance

RD CONGO - Discours de Patrice Lumumba, le 30 juin 1960

lundi 5 juillet 2010, mis en ligne par John Malone

Discours prononcé au siège du parlement après ceux du Roi Baudouin et du Président Joseph Kasa-vubu, le jour de la proclamation de l’indépendance de la République démocratique du Congo.

Congolais et Congolaises,

Combattants de l’indépendance aujourd’hui victorieux,

Je vous salue au nom du gouvernement congolais.

A vous tous, mes amis, qui avez lutté sans relâche à nos côtés, je vous demande de faire de ce 30juin 1960 une date illustre que vous garderez ineffaçablement gravée dans vos cœurs, une date dont vous enseignerez avec fierté la signification à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaître à leurs fils et leurs petits-fils l’histoire glorieuse de notre lutte pour la liberté.

Car cette indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd’hui dans l’entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d’égal à égal, nul congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c’est par la lutte qu’elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang.

Cette lutte, qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage qui nous était imposé par la force. Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire. Nous avons connu le travail harassant, exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers.

Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions nègres. Qui oubliera qu’à un noir on disait « tu », non certes comme à un ami, mais parce que le « vous » honorable était réservé aux seuls Blancs ?

Nous avons connu que nos terres furent spoliées au nom de textes prétendument légaux qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort. Nous avons connu que la loi n’était jamais la même selon qu’il s’agissait d’un Blanc ou d’un Noir : accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres. Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou croyances religieuses ; exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort elle-même.

Nous avons connu qu’il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les blancs et des paillottes croulantes pour les Noirs, qu’n Noir n’était admis ni dans les cinémas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits européens ; qu’un Noir voyageait à même la coque des péniches, aux pieds du blanc dans sa cabine de luxe.

Qui oubliera enfin les fusillades où périrent tant de nos frères, les cachots où furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient plus se soumettre au régime d’une justice d’oppression et d’exploitation ?

Tout cela, mes frères, nous en avons profondément souffert. Mais tout cela aussi, nous que le vote de vos représentants élus a agréé pour diriger notre cher pays, nous qui avons souffert dans notre corps et dans notre cœur de l’oppression colonialiste, nous vous le disons tout haut, tout cela est désormais fini. La République du Congo a té proclamée et notre pays est maintenant entre les mains de ses propres enfants. Ensemble, mes frères, mes sœurs, nous allons commencer une nouvelle lutte, une lutte sublime qui va mener notre pays à la paix, à la prospérité et à la grandeur. Nous allons établir ensemble la justice sociale et assurer que chacun reçoive la juste rémunération de son travail. Nous allons montrer au monde ce que peut faire l’homme noir quand il travaille dans la liberté et nous allons faire du Congo le centre de rayonnement de l’Afrique toute entière. Nous allons veiller à ce que les terres de notre patrie profitent véritablement à ses enfants. Nous allons revoir toutes les lois d’autrefois et en faire de nouvelles qui seront justes et nobles.

Nous allons mettre fin à l’oppression de la pensée libre et faire en sorte que tous les citoyens jouissent pleinement des libertés fondamentales prévues dans la Déclaration des droits de l’Homme.

Nous allons supprimer efficacement toute discrimination quelle qu’elle soit et donner à chacun la juste place que lui vaudront sa dignité humaine, son travail et son dévouement au pays. Nous allons faire régner nos pas la paix des fusils et des baïonnettes, mais la paix des cœurs et des bonnes volontés.

Et pour cela, chers compatriotes, soyez sûrs que nous pourrons compter non seulement sur nos forces énormes et nos richesses immenses, mais sur l’assistance de nombreux pays étrangers dont nous accepterons la collaboration chaque fois qu’elle sera loyale et ne cherchera pas à nous imposer une politique quelle qu’elle soit. Dans ce domaine, la Belgique qui, comprenant enfin le sens de l’histoire, n’a pas essayé de s’opposer à notre indépendance, est prête à nous accorder son aide et son amitié, et un traité vient d’être signé dans ce sens entre nos deux pays égaux et indépendants. Cette coopération, j’en suis sûr, sera profitable aux deux pays. De notre côté, tout en restant vigilants, nous saurons respecter les engagements librement consentis .

Ainsi, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, le Congo nouveau, notre chère République, que mon gouvernement va créer, sera un pays riche, libre et prospère. Mais pour que nous arrivions sans retard à ce but, vous tous, législateurs et citoyens congolais, je vous demande de m’aider de toutes vos forces. Je vous demande à tous d’oublier les querelles tribales qui nous épuisent et risquent de nous faire mépriser à l’étranger.

Je demande à la minorité parlementaire d’aider mo n gouvernement par une opposition constructive et de rester strictement dans les voies légales et démocratiques. Je vous demande à tous de ne reculer devant aucun sacrifice pour assurer la réussite de notre grandiose entreprise. Je vous demande enfin de respecter inconditionnellement la vie et les biens de vos concitoyens et des étrangers établis dans notre pays. Si la conduite de ces étrangers laisse à désirer, notre justice sera prompte à les expulser du territoire de la République ; si par contre leur conduite est bonne, il faut les laisser en paix, car eux aussi travaillent à la prospérité de notre pays. L’indépendance du Congo marque un pas décisif vers la libération de tout le continent africain.

Voilà, Sire, Excellences, Mesdames, Messieurs, mes chers compatriotes, mes frères de race, mes frères de lutte, ce que j’ai voulu vous dire au nom du gouvernement en ce jour magnifique de notre indépendance complète et souveraine. Notre gouvernement fort, national, populaire, sera le salut de ce pays.

J’invite tous les citoyens congolais, hommes, femmes et enfants, à se mettre résolument au travail en vue de créer une économie nationale prospère qui consacrera notre indépendance économique.

Hommage aux combattants de la liberté nationale !

Vive l’indépendance et l’Unité africaine !

Vive le Congo indépendant et souverain !

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Messages

  • Aujourd’hui, apres 60 ans les Africains pleurent leurs fils ; leurs peres ; leurs freres ;leurs intellectuelles qui ont combattuent pour la liberte de leurs continent sans prendre les armes et sans tuer des africains comme eux pour aboutir a leurs objectifs, mais, malheureusement ils ont ete assassines par leurs bourreaux colons avec la complicite des autres africains. Helas, helas, 1000 fois helas. Quand est ce que nous, Africains, dignes fils d’afrique allons nous comprendre que notre independance sous toute ses formes dependra de notre unite,notre comprehension sans difference et notre integrite sans nous trahir,sans etre le piont des occidentaux pour leur permettre de nous entretuer ?
    Quel sera le jour, la date, l’ annee a laquelle nos chefs d’Etat comprendrions qu’ ils ne sont pas obliges de mourir au pouvoir pour se fait aimer ?
    Apres l’ anniversaire de nos 60 ans d’independance que nos chefs d’ Etat africains comprennent que l’africaque est capable de se prendre en charge sans compter sur l’aide exterieur pour faire face a ces bourreaux. Arretons de tuer les africains pour fait plaisir aux de de l’Afrique. Enfin qu’ils sachent que l’Afrique est le berceau de l’humanite et non un abattoir ou un depotoire. Vive l’Afrique, vive la liberte,vive l’independance.

    • Je suis très heureux de lire ce msg ; Vraiment depuis que je suis entrain d’expérimenter certaines théories je suis entrain de trouver que nous ne sommes rien et nous ne pouvons rien si nous maintenons des attitudes que nous presentons actuellement ; sinon tres chers compatriotes congolais nous sommes appeller de sortir de cette couverture qui nous couvre jusqu’à ce que nous ne sommes pas à mesure de nous suffir de nous meme, or nous sommes un pays potenciellement riche et il n’y arien qui nous manque, on n’est pas même à mesure de satisfaire la population congolaise d’une eau, de l’electricité, des voie routieres normale pour ne pas dire moderne pour n’est cité que cela.
      Nos autorités politico-admnistratives ??? ; nos autorités politico-admnistratives ??? ; nos autorités politico-admnistratives ??? ; qui etes vous des diables ous de marabouts ou des no humains vos gens souffrent, votre peuple peine, il est plus que mourant, il traverse le calvaire dans votre pays, les congolais vivent l’enfer dans leur pays que vous dirigez. est-ce que vous y pensez ?? mais moi je pense que notre problème n’est pas au niveau de la mais plutôt loin de la je pense toujours que ce sont ces occidentaux qui constituent notre blocage malgrès quoi que ce soit mais aussi nos gouvernants ???? il faut trop s’en demander ; il faut leur dire « qu’en Afrique pour mieux diriger à tous les niveaux plus petits comme plus garands il ne faut pas craindre lamort » comme notre LUMUMBA, KABILA père, les vrai patriotes ;KADHAFI. Moi je suis pret à livrer mavie pour cettelutte et qui conque ayant ce même envie qu’il m’emboite le pas car actuellement je peux dire que « mieux vaux mourir que vivre dans ce pays mourant » mais aussi si on effectue des bonnes analyses on va se rendre compte que les signe de fin de cette crise sont entrain de se présenter surtout de la part des soulevements populaires parci-parla dans le pays il faut tous simplement rombre avec la peur et franchement on va réussir

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