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BRÉSIL - Réinventer le MST pour continuer à être le MST

Edgar Jorge Kolling

lundi 15 juillet 2013, mis en ligne par colaborador@s extern@s

Trente ans après la fondation du MST, notre mouvement fait l’expérience de se trouver face à un des plus importants carrefours de son histoire : la réforme agraire est bloquée !

En pratique la réforme agraire est sortie de l’agenda politique et l’agro-industrie avance à grands pas, aidée par les milliards de subventions gouvernementales et par le soutien massif des grands médias.

La plus grande partie de l’opinion publique, intoxiquée par la propagande de l’agro-industrie, est satisfaite ou s’accommode de ce modèle, assistant à tout cela sans comprendre ou même connaître la rivalité des deux projets dans l’espace rural brésilien : agro-industrie ou agriculture paysanne.

Les familles sans-terre prêtes à se battre pour en obtenir une ne sont plus aussi nombreuses qu’auparavant, particulièrement dans le centre-sud du Brésil. Dans les régions Nord-est et Nord où se concentre la majeure partie de ces familles, la lutte pour la terre est encore dynamique, même si elle a diminué ces dernières années.

Dans ce contexte complexe et défavorable à la mise en œuvre de la réforme agraire, le MST est face à de grandes tâches et à de grands défis. Défis fondamentaux qui ont à voir avec son existence et sa raison d’être. De même qu’il y a trente ans le MST est né de la crise économique, sociale, politique, maintenant c’est au Mouvement de se dépasser pour demeurer un acteur important des luttes de la société brésilienne.

Le grand défi du MST est de se réinventer ! Se réinventer et se recréer pour continuer sur le chemin de la lutte pour la réforme agraire et pour des transformations structurelles de la société brésilienne. Sinon il court le risque d’être un mouvement de plus qui s’est créé, s’est développé et peu à peu s’est sclérosé au point d’être dépassé par d’autres organismes plus efficaces pour répondre aux intérêts des sans terre et des paysans.

En 2011, analysant la lutte des classes en milieu rural, les obstacles à la réforme agraire et les difficultés qu’il affrontait, le MST a décidé de lancer un grand processus collectif de débat pour préparer son sixième Congrès national qui aura lieu en 2014.

Le MST est conscient qu’il se trouve à une croisée des chemins historique et que pour se sortir de la situation où il se trouve il sera nécessaire de bâtir une nouvelle corrélation de forces favorables à la réforme agraire, en opposition à l’agro-industrie. Tout montre qu’il faudra lutter pendant longtemps, construire une unité paysanne, resserrer les alliances avec de vastes secteurs urbains.

[…]

En analysant nos pratiques, nous voyons qu’il y a un grand écart entre la définition politique de la réforme agraire populaire et sa mise en œuvre par les familles assentadas [1], c’est à dire des terres expropriées avec le concours du MST

Celles qui donnent la priorité à la monoculture, utilisent des semences OGM et des produits de traitement toxiques et appliquent le modèle pervers de l’agro-industrie que combat le MST, ne sont pas rares.

Combien de familles assentadas produisent-elles de façon agro écologique ? Et quel a été l’engagement du MST en termes de décision politique, de ressources humaines et matérielles, pour donner du concret dans les assentamentos à cette technologie ?

Il faut faire des assentamentos des lieux où il fait bon vivre, en communauté et en équilibre avec la nature et qu’ils soient des modèles susceptibles d’être généralisés, afin que dans les milliers de communes où nous sommes présents dans ce pays ils constituent le modèle concurrent pouvant prétendre à être généralisé.

La crise idéologique dont la gauche est atteinte et les difficultés pour proposer un chemin vers le socialisme ont également affecté le MST, diminuant notre vigilance dans la mise en pratique de nos principes, ce qui peut se percevoir dans la négligence à appliquer avec efficience la méthode de direction collégiale, la critique, l’autocritique, la discipline et le travail à la base.

Les années passant, nous avons créé différentes formes d’organisations de base, des instances et des secteurs d’activité mais nous constatons aujourd’hui que bien peu fonctionnent.

Nous ne pouvons nous satisfaire de cette situation. Nous devons nous pencher sur ces problèmes et prendre des mesures afin d’adapter ou de réinventer des formes d’organisation collective.

[…]

Une grande partie du peuple brésilien est en accord avec le modèle agricole dominant du pays parce qu’il sait peu de choses sur les méfaits de l’agro-industrie qui bourre les aliments de produits de traitement, détruit la nature et l’environnement, concentre la terre, les revenus et les richesses. Plus grave encore, cette opinion est prédominante parmi les assentados et une bonne partie des militants du MST.

Pour affronter l’agro-industrie il ne suffit pas que les directions du Mouvement soient informées au sujet des enjeux qui s’opposent en milieu rural. Il faut que l’ensemble du MST comprenne pourquoi la réforme agraire est bloquée, comprenne les mécanismes et les contradictions de l’agro-industrie et par ailleurs connaisse l’objectif de l’agriculture paysanne et sa mission de produire des aliments sains.

Pour populariser et faire la promotion des avantages de la réforme agraire populaire nous devons donner plus de poids à la presse alternative : le journal Brasil de Fato (Le Brésil dans les faits), le journal Sem Terra, les radios communautaires, etc. et privilégier les écoles, instituts, universités, qui veulent débattre sur ces thèmes.

Notre tâche principale est de mettre en œuvre des luttes communes pour bâtir une nouvelle corrélation de force dans cette confrontation de projet.

[…]


Article paru dans le journal Sem Terra n° 320 (septembre-novembre 2012), p. 10.

Traduction française de Jean Luc Pelletier.

Les opinions exprimées dans les articles et les commentaires sont de la seule responsabilité de leurs auteur-e-s. Elles ne reflètent pas nécessairement celles des rédactions de Dial ou Alterinfos. Tout commentaire injurieux ou insultant sera supprimé sans préavis. AlterInfos est un média pluriel, avec une sensibilité de gauche. Il cherche à se faire l’écho de projets et de luttes émancipatrices. Les commentaires dont la perspective semble aller dans le sens contraire de cet objectif ne seront pas publiés ici, mais ils trouveront sûrement un autre espace pour le faire sur la toile.


[1Assentadas : se dit de familles d’agriculteurs installées dans des assentamentos.

Messages

  • A questão da reforma agrária apenas foi transferida por uma data ulterior . há duas facetas do problema. A primeira é a questão da pressão populacional sobre a terra, exercida pela populoação da China que totaliza aproximadamente um bilhão e meio de pessoas e á medida que o nível de vida se incrementa pressiona tanto para TER TERRA COMO ALIMENTOS básicos. se acrescentarms a isso a mesma pressão por terra e alimentos exercida pela india e o pakistano, temos uma totalidade de demanda. o capital diante desse problema compra ’TeRRAS " na Amazonia e onde esta livre. Quer ser o intermediário entre o mundo asiatico e se nomear Agronegócio e que negócio. no Brasil a política atual pragmática auxilia diretaeindiretamenteo agronegócio mas é uma bobmba com efeito retardado . infelizmente tanto o M.S.T como a gente intelectual do governo não percebeu ou muiot pouco o problemae ou
    muito pouco e dentro deuma lógica nacionalista e pragmatista imediata.

    Na prática trata se de um grave problema que envolve no processo demundialização uma nova e dupla relação com a terra. De um lado uma decentralização urbana parareciar comunidades rurais com uma dupla função : a primeira é reinstalar nadiversidade do espaço rural comunidades rurais não apenas para produzir mas pararealizar conjuntamente com o processo produtivo, a criação e continuidade de um processo de regeneração do solo restabelecendo na terra processos complexos de produção e eliminando a monocultura que provocou a urbanização excessiva. Por tanto a problemática da criação de comunidades rurais envolve um processo de decentralização urbana mas conjuntamente uma ética prática e constane deregeneração dos solos e um modo de produção e produtividade baseado sobre as interações multiplas das plantase seres vivos no campo como formade oposição ao negro negócio exportador .Esse é um primeiro problema. .

    o segundo problema na medidaem que se reconstroe comunidadesrurais envolve a criação de espaços rurais onde a propriedaderural individual é ou será reltivizada paRa possibilitar uma manutenção comunitáRIA DA REGENERAÇÃo dos solos e um um consumo plurifiversificado da produção local mediante um escalonamento tanto da PRODUÇÃO AO LONGO DO ANO COMO DO TRABALHO DE REGENERAÇÃO DA FERTILIDADE DOS SOLOS. bASICAMENTE NÃO É POR ACASO QUE A ATUAL PROBLEMÁTICA DA TERRA INDÍGENA VIZINHA COM A NOVA PROBLEMÁTICA DO USO DA TERR..

    EXISTE FINALMENTE uma segunda faceta da problemática agrária via reconstrução de comunidades rurais, trata se de interligar toda a problemática agrária com a mesma problemática agrária nos outros paises latino americanos : peru, Bolivia, Chili, Equador . na prática a problemática agraria se tornou de um lado uma problemáticalatino americana agrária mas de outro lado uma criação de instituições comunitárias.. Esses necessitam ser criadas não apenas para ocupar o espaço e regenerar a fertilidade dossollos, mas também decriar instituições e organizações comunitárias que possam dialogar e interagir com o mundo asiatico : india, China, pakistãn. Atualmente é o agro negócio que pela exportação se encarrega de usufruir dos lucros da produção e produtividade agricola incrementada .
    Mas na perspectiva darecriação de comunidades rurais cuidando dos processos de regeneraçãoambiental e sustentabilidade dossolos via uma produção diversificada, o processo de comunicação com o mundo asiatico não é simplesprocesso economico mas uma outra forma de reinserir os individuos em espaços agrarias e dotaá los de uma capicidade de comunicação e intercambio não somente de produtos mas de processos de manutenção da regeneração da terra e protividade diversificada e melhorada. o ago negócio e o latifundio e sua monocultura repressiva sobre abio diversidade não faz nada disso .Basicamente há na nova problemáticaagrária um duplo problema ;
    De um lado uma decentalização urbana e a criação de comuninidades rurais
    organizadas para regenerar solos e pruzir sem reprimir a biodiversidade ;

    o segundo problema envolve que essa criação de novas comunidades rurais e suas funções novas acima citadas sejam realizadas não apenas dentro deum espaço nacionalista maslatino americano pois se trata de um processo de ocupaçãodos solos que mediante novasinstituições visauma comunicaçao com o mundo asiático : india , china , pakistão. na prática visase definir em cada espaço rural comunitária uma abertura internacional muito ampla e diversificada que osserviços de relaçoes estrangeiras terão que considerar e dotar de antenas parase comuicar com esses espaços não repressivos da biodiversidade . mas seu uso multidiferenciado mediante processos comnicativos. Desse modo se poderá melhor atender á nova demanda mundial de alimentos e diminuirá se a corrida um tanto vergonhosa e depredadora dos solos exercida pelo capital para a compra de terras

    jACQUES ANDRÉ LÉON MARRE , 80 ANOS PROFESSOR APOSENTADO .

    DA UNIVERDSIDADE FEDERAL DO rIO gRANDE DO SUL
    EM PORTO aLEGRE. .

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