Accueil > Français > Livres, documents, revues, vidéos & audios > Revue Volcans > FRANCE-NICARAGUA - INTI : 15 ans de solidarité

Revue Volcans n° 64

FRANCE-NICARAGUA - INTI : 15 ans de solidarité

lundi 19 mars 2007, par Volcans

INTI [1] est un comité de solidarité qui s’est créé à Bourg-St-Maurice en 1992. Son premier objectif était de soutenir un projet de scolarisation d’enfants de familles démunies au Nicaragua. A l’occasion de ses 15 années d’existence, ses animateurs font le bilan d’une expérience remarquable.


1986. Première prise de contact avec le Nicaragua sandiniste au sein d’une brigade de solidarité et découverte de ce petit pays si plein d’espoirs d’un monde différent. Prélude à plusieurs voyages permettant de nouer des amitiés durables, notamment avec Rosario Pasquier. Pour faire face aux besoins de femmes intégrées à la vie active ou à la défense du pays, un groupe de femmes dont Rosario avait créé à Managua une crèche puis, au fur et à mesure, une école maternelle, primaire et même secondaire…

1990. Dans un pays épuisé par une dizaine d’années de privations et décidé d’en finir avec la guerre et son cortège de morts et de blessés, le Front sandiniste perd les élections en février. Le pays s’engage alors dans une politique économique néolibérale et se soumet à l’ajustement structurel que lui imposent les organismes internationaux comme le FMI et la Banque Mondiale. Diminution drastique des dépenses publiques militaires et civiles et du nombre de fonctionnaires.

Les projets pédagogiques Eduardo Contreras (crèche, école maternelle, trois premières années d’école primaire) et Doris Maria Morales Tijerino (fin de l’école primaire et lycée jusqu’au bac) perdent tout subside de l’Etat. Une association de parents se crée en avril 1990, sous le nom de Doris Maria Morales Tijerino (DMMT), pour permettre la continuation du projet grâce aux contributions des familles. Rosario fait alors appel à nous pour que les enfants des familles les plus démunies – majoritaires dans le pays – n’en soient pas exclus.

Enfants du centre Angelita Morales

Nous créons alors INTI en 1992 en faisant appel à nos familles, amis et connaissances. Nous proposons un parrainage avec un contact direct entre parrain et filleul. L’argent récolté est versé à l’association DMMT afin de diminuer ou même supprimer la contribution demandée aux parents.

Au fil des ans, le nombre de parrains s’est accru faiblement mais régulièrement. Ils sont aujourd’hui au nombre de 31, domiciliés dans plusieurs régions de France et d’Allemagne. De ce fait INTI est surtout un réseau de solidarité.

En 1986 nous avons fait par ailleurs connaissance, comme membre du comité de solidarité de Chambéry, avec le quartier Roberto Gonzalez de Chinandega, ville de plus de 100 000 habitants située au nord-ouest du pays, et nous lui sommes restés fidèles. En octobre 1998 après l’ouragan Mitch et ses énormes dégâts, nous nous sommes mobilisés pour apporter de l’aide.

En 2000, à l’occasion du passage du siècle, le conseil général de la Savoie propose 30 000 F (4 600 €) à chaque canton du département pour un projet de solidarité internationale. Nous proposons la construction d’une maison de quartier (la casa comunal San Cristobal) pour le barrio Roberto Gonzalez et, avec nos propres efforts nous parvenons à investir plus de 100 000 F (15 000 €). Depuis lors, la maison de quartier est un plein succès au point qu’elle est souvent citée en modèle.

INTI travaille en partenariat avec l’association « Constellation, l’art pour faire grandir et relier les enfants » pour le fonctionnement de trois ateliers d’art plastiques à Managua et d’un atelier à la casa comunal de Chinandega.

Depuis quatre ans, nous animons le « Club Nicaragua » du collège de Bourg-St-Maurice. Les jeunes font ainsi connaissance avec la réalité d’un pays du Sud, entretiennent une correspondance et, par leurs actions, financent des bourses d’études au collège Doris Maria Morales Tijerino de Managua.


Revue Volcans, n° 64 - février 2007.

En cas de reproduction, mentionner au moins la source (Revue Volcans) et l’adresse internet de l’article.

responsabilite


[1INTI n’est pas un sigle. Lors de la création, nous avions pensé lui donner le nom de SOL (soleil) mais il y aurait eu une confusion avec une autre association de Grenoble… alors nous avons retenu INTI qui signifie également soleil dans la langue quechua des Amérindiens des Andes.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.