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DIAL 3128

AMÉRIQUE CENTRALE - Évangéliques pentecôtistes : un portrait, première partie

Paola Bolognesi

mardi 2 novembre 2010, mis en ligne par Dial

Les églises évangéliques ont connu une croissance très importante ces dernières années, en particulier en Amérique latine et en Afrique. Nous avions déjà publié en juillet 2005 un article proposant un panorama de leur situation au Brésil (DIAL 2817). Dans ce texte, paru dans le numéro 338 de la revue Envío (mai 2010), Paola Bolognesi présente une synthèse de la recherche qu’elle a menée auprès des églises évangéliques centroaméricaines. La seconde partie du texte sera publiée dans le numéro de décembre.


On parle de « révolution pentecôtiste » dans les quartiers marginaux de toute l’Amérique centrale. Ces organisations DE pauvres, sont-elles POUR les pauvres ? Elles rachètent moralement, mais incitent-elles à plus de participation, plus d’organisation, à de meilleurs types d’économie ? Pourquoi cette expansion si rapide ? À quelles nécessités répondent-elles ? Une chercheuse au regard pénétrant a décidé d’entrer dans un des secteurs de ce vaste monde et nous offre des pistes intéressantes pour comprendre quelques unes des expressions de ce mouvement religieux.

Le christianisme évangélique se répand avec une surprenante rapidité dans toute l’Amérique centrale. Ces quarante dernières années, le nombre d’évangéliques a connu une croissance exponentielle dans la région. Si au Guatemala 40% de la population est évangélique, dans les autres pays les pourcentages oscillent entre 15% au Costa Rica et 36% au Honduras.

Moteur de cette rapide expansion : les églises pentecôtistes – expression spécifique du protestantisme évangélique – qui obtiennent le succès surtout dans les couches les plus basses et les plus exclues de la population, spécialement dans les villes, où elle s’agglutine dans les quartiers marginaux. Selon David Martin [1], en Amérique latine les pentecôtistes constituent au moins les deux tiers de tous les protestants.

Dans les églises pentecôtistes, ce qui impressionne le plus l’observateur extérieur, c’est la religiosité de leurs adeptes – qui prend des formes exagérées – et les promesses de leurs pasteurs, prédicateurs télé et des simples volontaires, qui tous accomplissent avec assiduité leur mission d’annoncer la guérison immédiate de maladies en phase terminale, la solution de graves problèmes familiaux et la prospérité économique comme résultats certains de la conversion.

Au Nicaragua, 26% de la population est protestante et au moins 73% de la dite population appartient à des dénominations évangéliques pentecôtistes. Les Assemblées de Dieu, avec 860 congrégations et plus de 200 000 membres baptisés, est la dénomination la plus nombreuse. J’ai approché deux églises des Assemblées de Dieu, l’une d’elle guidée par l’un des quatre prêtres du district de cette dénomination, à Managua. En m’appuyant sur la littérature relative au sujet et sur mon observation directe – parfois en tant que participante – des activités de ces églises, j’essaie de réfléchir sur un sujet d’une telle importance, ne serait-ce qu’en raison de son poids.

« Pentecôtismes »

Définir ce qu’est une église pentecôtiste s’avère difficile car le pentecôtisme a pour caractéristique d’être un mouvement religieux pluraliste et très fragmenté. Selon beaucoup d’auteurs, il serait plus juste de parler de « pentecôtismes ». Rien qu’au Nicaragua, il existe plus de 200 dénominations distinctes, avec des différences théologiques, herméneutiques, ecclésiastiques et pastorales. Et encore, au sein d’une même dénomination, chaque église a une grande liberté d’organisation de ses activités.

L’extraordinaire variété du pentecôtisme en Amérique centrale est liée avant tout aux modalités de son arrivée dans la région. Lors de leur première diffusion, entre le 19e et le 20e siècle, les évangéliques avaient réussi à créer des dizaines de missions distinctes, provenant essentiellement du sud des États-Unis, avec des traditions distinctes. Après s’être implantées durablement, les missions déléguèrent progressivement l’organisation et la gestion de leurs activités à un personnel autochtone qui réalisa une synthèse entre son propre contexte et les méthodes et styles des évangélisateurs étrangers, syncrétisme à l’origine des diverses versions de pentecôtisme, y compris au sein d’une même dénomination. En outre, comme pour devenir pasteur il n’existe aucune formation spécifique pas plus qu’un quelconque niveau d’instruction, et que, pour fonder une église, quelques dizaines de signatures suffisent, un très grand nombre d’églises indépendantes se sont aussi développées. Avec leurs particularités et singularités, elles ont contribué à rendre encore plus éclectique ce mouvement religieux.

Quatre caractéristiques communes

Malgré les différences qui existent entre les diverses églises, on peut dégager des caractéristiques que toutes partagent et qui servent à définir ce qu’est, à grands traits, la religion pentecôtiste. Il y a quatre caractéristiques :

  1. Le fondamentalisme, qui conduit à une interprétation particulière de tout ce qui se passe dans le monde, ainsi qu’à des rôles sociaux clairement définis et à un style de vie très discipliné et puritain.
  2. Une religiosité très « émotive », fondée sur un contact direct avec Dieu par l’intermédiaire de possessions momentanées de l’Esprit saint.
  3. Un leadership très fort et charismatique.
  4. L’impératif catégorique d’évangéliser toute l’humanité.

I.1.- Entre péchés et démons

Les églises pentecôtistes sont fondamentalistes parce que leurs adeptes sont convaincus que la Bible est d’inspiration divine et donc infaillible. C’est pourquoi ils l’interprètent de façon littérale. Ils croient que tous les récits bibliques ont réellement eu lieu et, pour cette raison, ils sont intimement persuadés que Dieu et Satan interviennent dans la vie quotidienne des êtres humains. Tous deux, en utilisant les humains comme « soldats », s’affrontent dans l’éternelle lutte entre le Bien et le Mal, appelée par eux « guerre spirituelle ». De cette conviction en dérive une autre : toutes les circonstances agréables de la vie de chacun – santé, travail, affects – sont le fruit de bénédictions envoyées du ciel, et toutes les circonstances négatives – maladies, mort prématurée, difficultés économiques et relationnelles – sont les conséquences du péché.

Selon leur vision de la réalité, commettre des péchés est la cause de tout type de problèmes pour deux raisons distinctes. Parce que cela attire les malédictions divines qui affectent ceux qui les ont commis ainsi que leur famille jusqu’à la quatrième génération. Ainsi, les souffrances vécues aujourd’hui peuvent avoir leurs racines dans le mauvais comportement de quelque parent éloigné dans l’espace et le temps. En outre, commettre des péchés permet à de longues cohortes de démons distincts et spécifiques d’occuper le corps des coupables de ces pêchés afin de servir Satan dans la guerre spirituelle, en poussant les pécheurs vers des conduites toujours plus incorrectes, lesquelles mènent progressivement à la perdition les personnes de leur entourage, jusqu’à leur destruction.

Un exemple : une personne qui, à une occasion précise, réagit brutalement, le fait parce qu’elle est possédée par le « démon de la violence », qui la pousse à être toujours agressive et chicaneuse, à inciter les autres à agir de même et l’amène finalement à participer à des combats très périlleux, toujours dans le but de la faire mourir pécheresse, l’empêchant ainsi de se repentir et de se décider à servir Dieu, consacrant ainsi son âme à Satan pour l’éternité.

I.2.- Ils obéissent et rejettent ce qui est « du monde »

L’interprétation littérale selon laquelle les pentecôtistes lisent la Bible les amène à considérer la famille comme une institution sociale centrale et incontournable, gouvernée par une hiérarchie précise qui établit clairement le rôle de chacun de ses membres en fonction de son sexe et de son âge. Étant donné que, par « volonté divine », l’homme est supérieur à la femme (d’après la Genèse et St Paul) et que les parents jouissent d’une autorité absolue sur leurs enfants, le père doit être honoré et servi par les autres membres de la famille et toutes ses décisions, même s’il n’y a pas accord, doivent être acceptées et respectées.

Pour « vivre selon les Écritures », les pentecôtistes doivent aussi avoir un style de vie très discipliné et puritain, qui leur impose une attitude soumise et leur interdit tous comportements destructeurs d’eux-mêmes et des autres. Une très longue liste de conduites, même saines et inoffensives, représentent pour eux des péchés et peuvent attirer malédictions divines et possessions démoniaques. Outre ne pas voler, mentir, trahir, pratiquer la violence, ne pas se montrer non plus agressif envers quiconque, les fidèles des églises pentecôtistes ne peuvent consommer aucune substance susceptible de provoquer de la dépendance (alcool, tabac et même café) ; ils ne peuvent suivre la mode en matière de vêtements ou de coiffure parce que cela constitue une soumission inadmissible aux choses « du monde » et détourne le croyant de sa foi ; ils ne peuvent pas pratiquer le yoga ou posséder des amulettes, ils ne peuvent recourir à l’acupuncture ou à l’homéopathie ; ils ne peuvent en aucune occasion dire de « vilains mots »…

II.1.- Possédés par l’Esprit saint

Si dans la vie quotidienne la religion pentecôtiste impose à ses adeptes une rigueur et une sobriété typiques du protestantisme puritain, dans la liturgie et la prière tout change : elle promeut et encourage l’implication émotive, jusqu’à l’extase. Comme le souligne Hollenweger [2], ce qui compte dans cette confession n’est pas tant la doctrine que l’expérience.

Les pasteurs pentecôtistes, comme ceux qui les suivent, sont de condition sociale modeste, ils ont une éducation minimum et une capacité d’abstraction limitée. C’est pourquoi la forme de communication qu’ils préfèrent est l’oral. Ils ne l’utilisent pas tant pour exprimer et éclaircir les concepts et les principes des textes sacrés ou pour réciter des prières toutes faites et transmises, que pour raconter, dans un langage généralement très ordinaire et spontané, des histoires, des témoignages et des rêves qui, parce qu’ils se réfèrent à leurs conditions de vie bien concrètes, sont aisément compris par les auditeurs.

Avec des récits simples et directs, auxquels les fidèles sont invités à répondre par des applaudissements et en criant « Amen ! Gloire à Dieu ! », les prédicateurs parviennent à maintenir l’attention inconstante de leurs auditeurs, ils « chauffent » l’ambiance dans le temple et suscitent l’identification et la participation émotive de leurs fidèles pour les « prédisposer » au contact direct avec Dieu, objectif fondamental de la religion pentecôtiste. En écoutant les récits d’hommes et de femmes qui, au moyen de la religion, ont résolu les problèmes économiques, familiaux, de santé, qui les préoccupent eux-mêmes, les croyants renforcent leur conviction que le « Dieu dispensateur » dont leur parlent les pasteurs peut transformer aussi leur vie. Ainsi trouvent-ils le stimulant nécessaire pour se laisser complètement et désespérément emporter par l’oraison, avec l’espérance de recevoir en leur corps l’Esprit saint.

Selon les pentecôtistes – et c’est là leur caractéristique la plus importante dans le panorama de l’évangélisme –, Dieu transforme ses « enfants » en envoyant sur leurs corps l’Esprit saint. En prenant momentanément possession du croyant, l’Esprit saint le « libère » et le « purifie » car il rompt les malédictions qui le tenaillent et exorcise les démons qui dominent ses actions. La « visite » de l’Esprit détermine une « renaissance en Christ » et implique, entre autres choses, l’acquisition d’une part du pouvoir de Dieu, grâce auquel il est possible de modifier des traits de sa propre personnalité qui vont à l’encontre de la volonté divine : la personne de tempérament agressif devient docile, le coureur de jupons devient fidèle. Ou encore le croyant a la capacité de faire des miracles, comme de guérir des malades. Celui qui reçoit l’Esprit saint et mène une vie de style puritain scrupuleusement conforme aux obligations de la religion pentecôtiste, est sûr d’entrer dans le royaume des cieux et de recevoir sur cette terre d’abondantes bénédictions, entre autres la prospérité économique et matérielle.

Quand les pentecôtistes sentent qu’ils reçoivent l’Esprit saint, ils entrent habituellement en transe, se laissant emporter par ce que David Martin a appelé des « exaltations sauvages ». Chacun vit cette expérience de manière différente, mais généralement dans ces moments-là les pentecôtistes ont des visions célestes, ils respirent en déplaçant beaucoup d’air, pleurent, crient, perdent le contrôle de leur corps, remuant bras et jambes ou tombant au sol et « parlent en langues » (glossolalie). Parler ainsi consiste à prononcer des sons saccadés et dépourvus de sens ou bien à répéter sans arrêt le même mot. À la fin de la possession, ils se sentent gais et se détendent puis ne se souviennent plus de rien, ils baignent seulement dans l’euphorie.

II.2.- Chantant et criant comme des fous

Habituellement, ces états extatiques sont obtenus lors des « louanges » ou des prières collectives. Les louanges sont des glorifications adressées à Dieu au moyen de chants et de danses qui occupent une place importante dans les rites pentecôtistes. Ce sont des hymnes religieux sur des bases musicales modernes, depuis la soul jusqu’au rock, en passant par la salsa, la bachata ou le reggae. Les fidèles doivent les entonner en exécutant des chorégraphies. Pour leur réalisation – « explicitement exigée par Dieu » car mentionnée dans la Bible – les églises recueillent des échantillons du répertoire des icônes de la musique chrétienne latino-américaine, se dotent de musiciens de talent et de puissants amplificateurs de son, bien visibles. Avec tout cela, les cultes pentecôtistes paraissent à certains moments de véritables concerts modernes, grâce auxquels ils enthousiasment et passionnent les plus jeunes.

Généralement les louanges alternent et occupent le début, le milieu et la fin des cultes. Quand un pasteur veut susciter une intense participation émotive dans sa communauté, il peut demander à l’orchestre du temple d’exécuter sans interruption un seul hymne jusqu’à une heure d’affilée, d’accélérer le rythme ou de répéter jusqu’à l’obsession deux notes accompagnées de quelques syllabes. Les fidèles se laissent alors emporter par la musique et dansent éperdument. Dans ces occasions, l’Esprit saint a de plus grandes chances de se manifester.

Il peut aussi se manifester dans les prières collectives. Il ne s’agit pas de la récitation simultanée de formules apprises par cœur, mais d’une invocation spontanée que chaque fidèle improvise au moment même où il la prononce à haute voix, les yeux fermés et les bras levés. Durant ces dialogues directs, le temple se remplit d’un bruit assourdissant et déséquilibrant, soutenu par des accompagnements musicaux déchirants. D’ordinaire, en ces occasions les pentecôtistes supplient humblement Dieu de résoudre les problèmes qui affligent leurs vies.

Selon le révérend Andy – un « prophète » étatsunien appartenant aux Assemblées de Dieu –, la manière correcte de s’adresser à Dieu est spécifiée dans la Bible et celui qui ne la respecte pas se souille des péchés d’orgueil et d’iniquité. D’après le « prophète », les chrétiens doivent s’adresser à Dieu en effectuant le « hallal », c’est-à-dire « en battant des mains comme pour provoquer un fracas de tonnerre et en criant avec une force capable de briser les rochers ». À son avis, il est nécessaire « d’exulter de manière joyeuse, effrénée et exagérée, comme l’on fait pour encourager une équipe de base-ball, en se laissant emporter par une extase inconsciente comme si l’on était ivre ou plutôt fou ».

Comme j’ai pu l’observer directement à l’occasion d’une « nuit prophétique » célébrée par le dit révérend, durant laquelle le temple de l’église accueillait environ deux cents personnes qui priaient de cette manière durant des heures, des dizaines de personnes reçurent l’Esprit saint sur leurs corps, tombant sur le sol plusieurs fois en prononçant des sons dépourvus de sens.

III.- Sous la conduite d’un leader charismatique

Une autre caractéristique essentielle que nous trouvons dans toutes les églises pentecôtistes, c’est un leadership très fort et charismatique. Les membres de ces congrégations perçoivent leur pasteur comme une espèce de « saint sur la Terre ». Ils sont convaincus que celui-ci est en contact direct avec Dieu et jouit d’un grand « soutien » divin parce qu’il écoute toujours ses prières et souvent les exauce. Parce que le pasteur a cette relation privilégiée avec Dieu et parce qu’il réside en sa présence, l’Esprit saint se manifeste. Ou bien c’est parce que le pasteur est capable de l’invoquer. Ou encore parce qu’il sait comment conditionner l’ambiance et les personnes pour suggestionner les fidèles et les convaincre des matérialisations de l’Esprit dans le temple.

Pour toutes ces raisons, les fidèles croient que c’est seulement grâce à l’intercession du pasteur que le Seigneur exauce leurs demandes. Le pasteur est donc profondément respecté et on obéit et exécute chacune de ses prescriptions. Comme le souligne David Martin, son véritable rôle est d’être le chef, le caudillo, qui organise la vie de la communauté de manière « extrêmement autoritaire ». S’il n’en était pas ainsi, la participation des fidèles serait moindre. Les leaders pentecôtistes ont habituellement une maigre formation théologique et doctrinale. Ils conquièrent et « séduisent » les croyants par des prêches exaltés et parfois aussi très amusants, où ils font preuve d’une grande expressivité et éloquence, de considérables capacités théâtrales, aussi bien dramatiques que comiques.

IV.- Gagnant des âmes sur le démon

Pour toutes les églises pentecôtistes, l’évangélisation de l’humanité est un commandement qu’on ne peut différer pour trois raisons fondamentales, étroitement liées entre elles. D’abord cet effort est dicté par des considérations d’ordre philanthropique : les fidèles pentecôtistes sentent qu’au moyen de la religion ils ont résolu leurs problèmes et ils veulent que d’autres ressentent aussi le même bien-être qu’ils ont obtenu par la conversion. Si l’action de l’Esprit saint produit des miracles chez les personnes – guérison de maladies, transformation d’attitudes personnelles et de comportements sociaux –, ils croient qu’en persuadant les autres de la véracité de ces dogmes, ils leur offrent leur aide et leur donnent la possibilité d’entreprendre un changement positif.

Leur mission est en outre dictée par des motivations plus spécifiquement doctrinales et eschatologiques : puisque Christ est mort pour toute l’humanité, ils ont le devoir de convertir le plus grand nombre de personnes possible pour préparer la prochaine venue de Christ sur la Terre. Ils croient avoir la tâche de « gagner des âmes », qui, dans le cas contraire, seraient consacrées au Malin et à l’enfer. Ils sentent qu’ils combattent aux côtés des anges dans la guerre entre le Bien et le Mal et que, par leur lutte, ils garantissent la victoire de Dieu sur Satan.

Enfin, leur zèle est aussi influencé par des évaluations « logistiques » et rituelles : ils croient que l’Esprit saint se manifeste plus facilement s’il est invoqué par un grand nombre de personnes et visite en priorité les grandes concentrations de fidèles. Une campagne d’évangélisation de grande ampleur permet non seulement l’expansion de sa propre congrégation mais aussi une meilleure communication avec Dieu. C’est dans cette perspective que s’explique la tendance pentecôtiste à construire des temples de grande taille, pour qu’ils puissent accueillir des milliers de personnes.

Formation des leaders communautaires

1.- Cherchant des prosélytes maison par maison

Les églises pentecôtistes adoptent des stratégies précises et raffinées pour insérer graduellement de nouveaux prosélytes dans la communauté. Pour attirer de nouveaux membres, elles se servent du travail bénévole de « leaders communautaires », spécialement formés dans ce but. Pour convertir et maintenir la foi des personnes attirées, ils ont recours à une retraite spirituelle de trois jours appelée « rencontre », durant laquelle ils utilisent des techniques qu’ils paraissent avoir empruntées à la psychologie.

La mission pentecôtiste d’évangélisation de l’humanité commence à partir du bas, avec le contact direct que les leaders communautaires – et dans une moindre mesure tous les fidèles – essaient d’établir avec toutes les personnes qui n’ont pas encore adopté leur religion. Les pentecôtistes, bien habillés et leur inséparable Bible sous le bras, parcourent les rues, frappent aux portes et visitent les hôpitaux et les prisons pour prêcher aux incroyants leur interprétation de la « parole de Dieu » et leur offrir de manière aimable des conseils assortis de promesses alléchantes.

La cible privilégiée de ces premières visites sont des personnes affectées de problèmes graves : malades, alcooliques, toxicomanes, reclus, individus qui ont des situations familiales extrêmement malheureuses… L’objectif, bien qu’implicite, est de les attirer dans les « cellules », appelées aussi – selon les différentes églises – « réunions familiales ». Ce sont des « miniséances » religieuses que les leaders communautaires organisent tous les samedis dans des pièces de maisons de différents quartiers, durant lesquelles ils essaient de « promouvoir leur produit » auprès de ces personnes qui – pour des raisons diverses – sont encore réticentes à assister aux cultes de deux ou trois heures ou à sortir de leur quartier pour se rendre dans un temple éloigné. Pendant ces réunions, qui durent une heure et demie, un leader communautaire et son « assistant » reçoivent une dizaine de nouveaux prosélytes potentiels, s’informent de leurs difficultés et de leurs besoins, les conseillent – sans jamais critiquer ouvertement leurs décisions et actions –, invoquent l’intervention de l’Esprit saint dans leur vie et leur offrent un rafraîchissement.

2.- Préparés pour convaincre

À cette occasion, ils offrent aux membres potentiels accueil et amitié ainsi qu’une aide concrète, psychologique et matérielle. D’une part, ils les écoutent, les acceptent, les font se sentir importants. Ils essaient de renforcer leur estime d’eux-mêmes en leur répétant constamment des formules et expressions telles que : « Tu vaux beaucoup parce que Christ est mort aussi pour toi » et en permanence cette autre : « Dieu a de grands projets pour ta vie ». D’autre part, ils leur fournissent une aide concrète, matérielle : nourriture et autres produits de base.

Dans la réalisation de ces cellules, comme dans les visites qui les précèdent, les leaders communautaires n’improvisent jamais. Ils reçoivent un enseignement dans des cours de formation spécifiques et les instructions de « coordinateurs » chargés de contrôler leur activité et de corriger leurs erreurs pour obtenir des résultats quantifiables.

Le cours de formation pour les leaders communautaires – appelé « Académie » dans les Assemblées de Dieu – est articulé en différents cycles et dure de trois à six mois. Le but de ces cours est triple : ils offrent aux participants une connaissance inconsistante des textes sacrés ; ils leur donnent une préparation concernant l’attitude – manières, langage, thèmes de discussion – qu’il est opportun d’adopter afin d’éveiller l’intérêt, l’attention et la confiance des assistants, que ce soit des individus ou des groupes ; enfin ces cours corrigent des aspects de leur personnalité « peu orthodoxes », qui pourraient compromettre leur image de leaders irréprochables, et les empêcher d’être des représentants valides de leur église.

L’action de ces bénévoles est aussi dirigée par quelques coordinateurs qui organisent, sous la direction du pasteur qui guide la congrégation, la stratégie d’expansion de l’église jusque dans ses moindres détails. Les coordinateurs confient aux leaders missions et aires d’intervention en fonction de leurs caractéristiques et aptitudes, ils leur imposent de viser des objectifs et des résultats précis et surveillent constamment leur travail. Les directives de base que reçoit un leader de cellule de son coordinateur sont : convaincre, après quelques mois, d’abandonner la cellule pour fréquenter les cultes au temple ; continuer à attirer toujours de nouveaux sujets dans les cellules pour permettre d’en renouveler les participants, « multiplier » leur propre cellule en cherchant les contacts nécessaires – un amphitryon – pour créer un nouveau groupe dans un autre quartier que celui de sa cellule et le confier à son assistant.

Pour répondre de leurs activités, les leaders sont obligés de rencontrer leurs coordinateurs chaque semaine pour leur parler des difficultés survenues dans leur travail sur le terrain et leur rendre compte du nombre de personnes qu’ils ont aidées, en spécifiant de quel type d’intervention il s’agit : « Vous devez seulement les amener au temple et nous nous chargeons de tout le reste ». Avec ces renseignements, les coordinateurs établissent des statistiques, comparant ce qui a été effectivement réalisé avec ce qui avait été fixé dans la phase de programmation. Ils évaluent et corrigent ainsi la stratégie pour augmenter le nombre de membres.

3. Convertis durant la « rencontre »

Le travail des leaders a pour seul objectif d’approcher de nouveaux prosélytes potentiels et de les convaincre de fréquenter le temple. La tâche de convertir et d’absorber définitivement dans la communauté les personnes attirées par eux revient aux pasteurs. Pour convertir les sujets attirés par les leaders communautaires, les pasteurs pentecôtistes les soumettent à un dispositif très efficace : la « rencontre (avec Dieu) ».

Il s’agit d’une retraite spirituelle de 48 heures que les églises organisent chaque mois durant un week-end – depuis le vendredi soir jusqu’au dimanche soir – et qui s’adresse en alternance aux hommes et aux femmes. Habituellement elle se déroule dans un hôtel en dehors de la ville, où les « aspirants à la rencontre » – ainsi appelle-t-on ceux qui font leurs premiers pas vers la religion pentecôtiste – sont logés et nourris et participent – de 8 heures du matin à 11 heures et demie du soir – à une longue série de conférences appelées « plénières », qui durent de 2 à 3 heures et se terminent par des « rites de libération ».

Tout au long des plénières, chacune consacrée à un thème spécifique (le sexe, le couple, les relations parents /enfants, le rejet social, le bien-être économique…), les participants reçoivent un endoctrinement intensif : on les éclaire sur les fondements de la religion pentecôtiste, on leur expose tous les péchés qu’ils peuvent commettre, on leur enseigne les règles de vie qu’ils doivent respecter pour parvenir au salut dans l’au-delà et à la paix ici-bas.

Les rites de libération par lesquels se terminent les plénières sont des prières collectives très intenses, où les participants doivent se repentir des erreurs commises et pardonner les offenses subies afin d’obtenir le pardon et la grâce divine. Selon les pentecôtistes, durant ces rites l’Esprit saint « visite » pour un moment le corps des aspirants à la rencontre, les purifiant de leurs péchés et malédictions, ainsi que de leurs défauts et de leurs manques, scellant ainsi leur « renaissance » en Christ, la fin de leurs souffrances et une amélioration radicale de leur vie.

La seconde partie du texte est parue dans le numéro de décembre.


- Dial – Diffusion d’information sur l’Amérique latine – D 3128.
- Traduction de Sylvette Liens pour Dial.
- Source (espagnol) : Envío, n° 338, mai 2010.

En cas de reproduction, mentionner au moins l’autrice, la traductrice, la source française ([Dial - http://enligne.dial-infos.org) et l’adresse internet de l’article.

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[1Martin, David, Tongues of Fire : The Explosion of Protestantism in Latin America, Oxford & Cambridge, MA, Blackwell, 1990, xiii-352 p.

[2Hollenweger, Walter J., The Pentecostals : The Charismatic Movement in the Churches, traduit de l’allemand par R. W. Wilson, Peabody, MA, Hendrickson Publishers, [1972] 1988, xx-572 p.

Messages

  • Bizarre, bizarre que cette interprétation farfelue des croyants appelés : « pentecôtistes ». Étude bien succincte et volontairement caricaturale, au regard de la foi en Dieu et de la pratique Biblique des dons spirituels et du fruit de l’Esprit de chrétiens sincères. Chacun est libre de s’exprimer, même pour prononcer des absurdités et cette extrapolation, généralisant des attitudes tout à fait contestables et fausses, ne font qu’en accentuer la caricature. Notre société serait très certainement moins polluée, par les crimes, les vols, les escroqueries, les divorces, les adultères, les calomnies, les diffamations...
    Si les chrétiens étaient plus présent et pratiquants réellement l’enseignement du Christ-Jésus et non celui des « humains » (sic) ; étant des témoins authentiques de l’Amour (Agapée) et de l’humilité de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. La mort est le chemin de tous les terriens, sur cette minuscule planète, mais pouvons nous dire que tout fini ainsi ???? Pour ma part je préfère croire en un Dieu qui tient l’Univers dans sa main ! Soyez bénis. Bien amicalement en Christ.

  • Je n’ai pas lu tout l’article car je sais que c’est toujours la même chose, rare sont les articles équilibrés qui ne critiquent pas négativement la manière des chrétiens de vivre leur foi, qui essaient de nous comprendre. Dial de mettre des articles comme cela n’est pas à votre gloire, elle donne une mauvaise image des chrétiens centroaméricains et des chrétiens en général. Si il y a des églises bizarres avec des doctrines qui sont à coté de la plaque d’un point de vu biblique pourquoi prendre celles-ci en référence. De dire que les chrétiens de ces églises sont limités intellectuellement, vous y aller fort. Hé, Dial, vous lisez les articles que vous publiez, si vous dites oui, vous n’êtes pas sérieux. Je ne vous crois pas. Ou bien cela vous amuse de casser du chrétien.

  • Bonjour

    C’est vrai, il y a un peu de caricature dans l’article, mais tout n’est pas faux, il y a des dérives comme dans tous les groupes, mais dire que le niveau intellectuel est très bas ....c’est de la désinformation !
    Mais il faut attendre la fin de l’article, et j’espère, parce que la journaliste est très pro, quelle va donner la parole aux présidents de fédération pentecotiste du pays, c’est normal pour avoir un article équilibré, et une analyse très pertinente.

    Donc a bientôt

    Philippe Fauveau (pasteur évangélique de Paris)

  • c’est typiquement mondain : de la vérité mêlée de mensonge ! l’œuvre de Dieu est en marche et ceci depuis le commencement des temps et elle ira jusqu’à son aboutissement quoique vous en disiez ! Votre vie dans le péché vous convient, d’autres ont préféré changer de voie ; vous avez fait votre choix, ils ne vous critiquent pas, alors pourquoi vous acharnez-vous à critiquer le leur ? Prenez au moins conscience de ceci : dans le domaine spirituel il n’y a pas de gris ! ou c’est le royaume de Dieu ou c’est l’enfer. Le Seigneur laisse chacun libre de choisir, libre arbitre oblige. C’est maintenant que vous devez préparer votre éternité ; ne pas y croire ne vous sauvera pas au jour du jugement. Que le Seigneur vous bénisse et ouvre les yeux de votre cœur « car Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse point mais ait la vie éternelle » (Jean 3-16)

  • La seule question que l’auteur ne s’est pas posée, est :

    Si c’était vrai ?

    parce que si c’est le cas, ce que je crois ayant moi même expérimenté la relation avec le Saint Esprit, il ferait bien de poser la question qui suit :
    Suis je sauvé ?

    Cher auteur, je comprend vos doutes, mais sachez que Dieu vous aime et Il ne doute pas de vous !
    Retournez à l’endroit ou vous avez vu ces curieuses manifestations et cherchez à les vivre, Dieu est une personne et Il voit votre coeur.
    Sans doute est ce la raison pour laquelle vous ne l’avez pas reçu.

    Il existe aussi des églises en France où l’on reçoit le Saint Esprit et vous y serez toujours le bienvenu !

  • Juste une anecdote vécue par la chrétienne catholique que je suis dans un bus au Salvador il y a quelques années. Assise à côté d’une jeune fille d’une quinzaine d’années, elle remarque la croix à mon cou et me demande « vous êtes chrétienne ? » Je réponds que oui et lui pose la même question. Elle me dit alors « oui. Dans mon village il y a au moins 10 églises chrétiennes » Je lui demande lesquelles et me dis surprise qu’elle ne nomme pas la catholique. Je m’entends alors répondre « ah non, les catholiques ne sont pas chrétiens, ils adorent des squelettes » et à ma question sur la façon dont elle a appris ce type surprenant d’adoration, elle répond « c’est mon pasteur qui l’a dit ». Nous n’avons guère été plus moin dans le partage. Il est vrai que je me sentais alors plus à l’aise de vanter les pupusas du pays quand elle m’a demandé ce que je préférais au Salvador... quand on parle d’oecuménisme en Europe, on n’a en général pas conscience de ce que ce mot peut signifier ailleurs...

  • L’idée est bonne, mais le travail de fond laisse totalement à désirer. La plupart des points sont abordés de façon très superficielle et non objective. De plus, pour comprendre le pentecôtisme, il faut connaître la bible et son enseignement. Cet article (je crains pour le suivant) me fait penser à la rédaction d’un adolescent qui a surfé sur la toile pour collecter des informations tout en maquillant ses sources. Un article banal et qui n’apporte rien , car dépourvu de toute objectivité et de consistance, dommage !
    PS : « Une synthèse de la recherche... », merci, car lecture de celle-ci est déjà si affligeante !

  • Je vous tire chapeau pour avoir « infiltré » le milieu pentécôtiste afin au moins voir et pouvoir décrire avec leurs mots ce qui s’y passe. L’on peut certes vous faire le reproche d’avoir laisser transparaître votre jugement un peu caricatural sur ces choses, mais on ne peut pas dire que votre reportage est faux.
    Ce que j’ajouterais c’est chaque groupe pentecôtiste vous dira qu’il obéit strictement à la lettre et à l’esprit de la Bible dans ses pratiques. On peut alors légitimement se demander pourquoi tant de dissonnances dans leurs pratiques. N’y a-t-il pas un peu de folklore que les uns et les autres ajoutent au message évangélique fondamental ? Quel est le message fédérateur des différentes assemblées évangéliques qui risque fort constituer la synthèse de l’Evangile de Jésus-Christ ? Je me permets de m’inviter au débat par mon livre intitulé « LA RELIGION : Le plus grand mensonge ».
    Vous pouvez en savoir plus sur le livre en cliquant sur les liens suivants :
    - Présentation du livre : http://www.lulu.com/spotlight/guyolinga
    - Vidéo du livre : http://www.youtube.com/watch?v=hIn2oAr2Q-8

  • Difficile d’aller jusqu’au bout de cet article qui aurait pu être pédagogique, sociologique et historique, c’est à dire intéressant. Encore une énième vision réductrice, journalistique, conformiste sur les églises Évangéliques. Il faut encourager l’auteur et ses lecteurs à reprendre son récit dans le bon ordre, c’est à dire :
    - 1 Le besoin de vérité sur la vie sur la mort sur l’éternité propre à tout homme et toute femme et les réponses qu’apporte la Bible sur ces questions.
    - 2 La diversité des mouvements Évangéliques et la centralité du message basé sur la Bible.
    - 3 Le contexte particulier de l’Amérique Latine, dominé pendant des siècles par une culture religieuse catholique hispano lusitanienne. Ces pays sont restés arriérés sous le poids d’une oligarchie militaro ecclésiastique qui a fermé ces pays à la prédication authentiquement biblique des missions Protestantes et Évangéliques.
    - 4 L’apport des missions Protestantes et Évangéliques à la vie religieuse et sociale de ces pays avec par exemple le rôle des églises Protestantes et Évangéliques dans l’ascenseur social et la progression de la démocratie politique dans cette région.
    On se demande vraiment pour qui roule l’auteur, qui ne fait aucunement progresser son lecteur dans la connaissance un phénomène religieux et social considérable de notre temps.
    Proposition à l’auteur : la découverte des mouvements Évangéliques à partir des textes bibliques eux-mêmes et de l’histoire des Églises.

    • Contrairement a ce que raconte la journaliste non-chrétienne :

      - qui a dit que les chrétiens ne peuvent pas boire de café ?
      Et le premier miracle n’a-t-il pas été de convertir l’eau en vin ?
      Quand à la mode, du moment ou on ne montre pas trop ses formes, elle n’est pas un pêché. Juste que nous ne sommes pas esclaves d’elle.
      Et je précise bien « chrétien », car les premiers disciples de Jésus ont été
      appelés chrétiens et non « pentecôtiste ». Je suis une chrétienne qui parle en langues et qui prophétise, c’est à dire spirituelle et pas émotionnelle. Même si il n’est pas interdit de ressentir des émotions. La bible ne dit pas que l’homme est« superieur » a la femme. Il est le chef de famille. Devant Dieu, les deux sont égaux. Il n’est pas « servi » par sa famille.
      Par contre il est vrai que certains pasteurs ne sont pas intellectuels, ce qui prouve que tout ces millions de gens convertis ne sont pas victimes de manipulations ni de lavage du cerveau mais que c’est par la puissance du Saint Esprit, que Dieu agit dans les coeurs des hommes.
      Je vous conseille de lire la bible. Dieu vous bénisse !
      _

  • Pentecotiste oui mais avec ouverture d’esprit s’il vous plaît, acceptation de la différence de l’autre et capacité d’empathie...
    Dans mon entourage il y a quelques personnes évangéliques, dont pentecotistes. J’ai malheureusement dû couper les ponts avec elles à cause de leur vision unimodale et ne sachant pas comment accepter l’autre dans sa différence ( en l’occurence, moi) sans vouloir à chaque fois convertir. Cette tentative est d’ailleurs implicite, faite de manipulation, séduction. Je me souviens, d’abord, elles essaient de repérer des dysfonctionnements de vie, (s’il n’y a pas de mal être, c’est plus difficile, elles doivent chercher ailleurs) et ensuite elles tentent par différents stratagèmes d’amener l’autre à la conversion. Les pentecotistes ont l’impression qu’ils détiennent la vérité au détriment de toute autre religion ou philosophie. Il y a là-dedans une vision étriquée qui dit que « Moi je possède la vérité et les autres pas ». Parmi les pentecotistes que j’ai connu, il n’y avait pas la capacité d’emptahie. L’autre dans sa différence ( catholique, bouddhiste, musulman, athé...) est nié. Ce que l’autre ressent, ses besoins, ses désirs sont niés au bénéfice d’une seule certitude, la leur et cette obstination à suivre des règles de vie en laissant de côté la notion d’humain. C’est d’un extrêmisme d’abord désagréable, et ensuite inquiétant. Personnellement j’apprécie avant tout l’ouverture d’esprit et l’acceptation de l’autre dans sa différence, quelle qu’elle soit. J’ai connu un pentecotiste pasteur qui s’évertuait à prêcher la bonne parole. Il avait tout du manipulateur séducteur et je me suis demandée s’il n’avait pas justement été choisi par rapport à ces critères. A présent que je lis cet article, je ne peut que constater que je m’étais faite moi-même une opinion identique. Il y a Jésus, mais il y a aussi, Mohamed, Bouddha, ... l’abbé Pierre, et des femmes... Marie-Madeleine, mère Théresa...et tant d’autres personnes moins connues qui ont fait le bien autour d’eux.

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