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MEMOIRE - L’Émergence des femmes indiennes au Guatemala

Introduction et sommaire

Émilie Ronflard - EHESS, septembre 2006

Lunes 8 de enero de 2007, puesto en línea por Émilie Ronflard

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Introduction

« Bueno, en verdad hay que iniciar diciendo que para las mujeres, y sobre todo para nosotras las mayas, estar en espacios de participación política significa empezar por cada una, resignificarme yo, luego mi hermana y luego la otra, a partir de un reconocimiento y cuestionamiento de lo que soy, conozco, vivo, siento, tengo, temo, construyo, sufro, amo, reto, peleo en mi cuerpo, espíritu y alma, con quienes no entienden, reconocen, valoran ni respetan lo que las mujeres mayas y ladinas hemos dado a la historia de este país, aun con todo lo que implica para cada una en lo individual y en lo colectivo. » [1]

Lors d’un précédent voyage au Guatemala, deux rencontres m’ont orientée vers le thème de l’émergence des femmes indiennes au Guatemala. Je fis d’abord connaissance avec deux jeunes femmes indiennes qui me racontèrent, lors d’un trajet improvisé à l’arrière d’un pick up, qu’elles se rendaient dans la capitale à une réunion de femmes appartenant à différentes associations du pays, afin de discuter des orientations des actions à mener. Toutes les femmes du groupe s’étaient cotisées pour envoyer deux d’entre elles à Guatemala. La seconde rencontre eut lieu avec Ana, un peu méfiante à mon égard mais trop spontanée et bavarde pour le rester longtemps, une jeune fille indienne de mon âge, qui me présenta à sa famille. Son père m’offrit l’hospitalité pour la nuit, que je passais avec Ana à parler de nos vies personnelles, de nos rapports au travail, à la famille, aux amis, et même à la sexualité, de façon très libérée. Deux rencontres anodines certes, mais pourtant bien révélatrices de l’existence d’un mouvement de lutte des femmes indiennes à différentes échelles, que ce soit par la participation à une organisation collective ou par une construction de soi indépendante.

Cela m’a donné envie d’adopter une approche différente dans cette recherche et de ne pas la centrer uniquement sur la mise en avant des rapports sociaux de sexe et l’analyse de la domination subie par les femmes, mais aussi sur l’existence au cœur des espaces les plus inégaux d’une bulle de résistance et d’une modernité de pensée chez les femmes indiennes. L’idée, et en cela je rejoins la démarche d’Alain Touraine dans son dernier ouvrage [2]. est de ne plus présenter les femmes comme des victimes mais comme les actrices de leur propre vie. Cela vaut d’autant plus pour des femmes indiennes, décrites quasi systématiquement comme étant soumises et passives. Il ne s’agit pas pour autant de passer sous silence la condition de la femme indienne au Guatemala, mais de se pencher davantage sur les transformations initiées par ces femmes dans leurs vies personnelles et dans la société toute entière.

Cette recherche m’oblige à prendre en compte deux dimensions: celle des mouvements sociaux dans lesquels s’insèrent les femmes indiennes, et celle du processus de construction individuelle. Ces mouvements sociaux nous les qualifierons de culturels. Il sera question ici de mouvements culturels car ceux-ci « ont en commun l’utilisation de ressources sociales, politiques et culturelles en vue de négocier leurs identités » [3]. Je me focaliserai sur les deux mouvements culturels innovants qui traversent mon sujet: le mouvement indien et le mouvement de femmes. Pour parvenir à donner un panorama général des mutations en cours chez les femmes indiennes, il est essentiel de considérer les relations réciproques et l’interdépendance entre ces deux niveaux. Les mouvements ne peuvent prendre de l’ampleur qu’en s’appuyant sur une base mobilisée, sensibilisée aux luttes menées et fortement réactive. Inversement, la prise de conscience progressive des femmes passe souvent par l’entrée en contact avec une organisation revendicative. Cette double approche permet de ne pas rendre invisibles les milliers de femmes qui concourent aux changements des mentalités en investissant des secteurs qui leur étaient jusque là interdits, comme l’éducation supérieure, la participation politique, les postes de direction, ou en remettant tout simplement en cause leur rôle traditionnel.

L’émergence des femmes indiennes au Guatemala est relativement récente. La participation des femmes dans la fabrication de l’histoire n’est bien évidemment pas nouvelle, mais la grande nouveauté est qu’elles fassent surgir dans l’espace public des problématiques qui leur sont spécifiques en se démarquant des groupes qui les subordonnaient. Des individus apparaissent et parviennent à faire entendre leurs voix propres et à se construire de façon indépendante par rapport aux intérêts extérieurs. C’est pourquoi je souhaite faire intervenir la notion de sujet, primordiale pour témoigner du tournant radical que représente cette démarche des femmes indiennes et éclairer ses enjeux. Je reviendrai plus loin sur cette notion mais d’ors et déjà, j’en proposerai une définition présentée par Wieviorka: « Le sujet, selon la formule du sociologue allemand Hans Joas, c’est « le caractère créateur de l’agir humain », la possibilité de se construire comme individu, comme être singulier capable de formuler ses choix, et donc de résister aux logiques dominantes, qu’elles soient économiques, communautaires, technologiques, politiques ou autres. Le sujet, autrement dit, c’est d’abord la possibilité de se constituer soi-même comme principe de sens, de se poser en être libre et de produire sa propre trajectoire. » [4]Ici on a bien affaire à la formation de sujets; à des femmes qui souhaitent choisir ce qu’elles veulent être et prendre en main leur trajectoire de vie. Des minis révolutions se produisent en effet au quotidien chez ces femmes amenées à repenser leur identité en fonction d’aspirations nouvelles. Loin des clichés récurrents, l’idée est d’inventer et d’appliquer sa définition de l’« être femme indienne » en multipliant l’infini des possibilités et en combinant et mariant les différentes influences et souhaits identitaires sans complexes. Ne plus se laisser imposer son comportement de l’extérieur mais laisser pointer et accepter ses envies à partir de l’introspection et d’un travail sur soi, telle est la démarche qui semble guider une part grandissante des femmes indiennes au Guatemala.

Cette construction des femmes indiennes comme sujets, si elle est bien en route, s’avère particulièrement complexe et douloureuse en raison de leur identité de femme et d’indienne, et du niveau de pauvreté qu’elles connaissent en masse. Cela génère une triple oppression ; de classe, de sexe et de race ; qui les relègue à la frange d’un système machiste, raciste et inégalitaire. Elles constituent le groupe le plus pauvre du pays car elles cumulent les handicaps. Elles souffrent du racisme de la société guatémaltèque qui les infériorise, qui bloque leurs opportunités de développement et les expose aux violences. Mais à cela s’ajoute des inégalités sexuées qu’elles expérimentent au sein même de leurs communautés qui s’organisent à partir d’une division sexuée des rôles, d’un machisme qui imprègne les comportements et d’un fort contrôle social. L’émergence de ces femmes est donc porteuse d’espoirs car elle peut conduire à englober une lutte sur tous les fronts visant une transformation radicale et profonde de la société. Leur combat représente une potentialité de penser une société plus démocratique, respectueuse de la diversité des individus la composant.

L’objectif de ce travail est donc d’examiner à partir de quels positionnements identitaires les femmes organisent leurs luttes et façonnent leurs revendications. L’articulation entre appartenance ethnoculturelle des femmes indiennes et appartenance sexuée dans un contexte d’émancipation sera le fil d’Ariane de cette recherche, en partant du principe qu’une société doit pouvoir conférer idéalement à l’individu la possibilité de pouvoir exprimer librement toutes ses appartenances identitaires. Cela renvoie à poser les questions suivantes: Quels changements introduisent les femmes indiennes dans leurs vies personnelles, à partir de quels référents identitaires se définissent-elles, se construisent-elles et luttent-elles ? Comment construire une identité militante combinant à la fois revendications liées au genre et appartenance ethnoculturelle ? Au delà, l’enjeu est de réfléchir plus globalement au modèle de société que proposent ces femmes indiennes, et aux éléments à conserver ou écarter des différents modèles de construction de soi entre lesquels elles naviguent, afin de parvenir à fonder une société démocratique composée d’acteurs qui ne s’enferment pas dans leurs spécificités culturelles mais qui conservent un espace d’expression de leurs particularités individuelles.

Ce travail sera avant tout exploratoire en vue d’une recherche plus approfondie qui sera menée lors de la préparation du doctorat. Je ne prétends pas pouvoir répondre ici, après une immersion de moins de deux mois sur le terrain, à ces problématiques extrêmement complexes mais donner des pistes de réflexion.
Je découperai mon travail en quatre parties. Ma première partie consistera en une approche historique relatant l’apparition de nouveaux espaces d’expression pour les femmes indiennes suite au conflit armé, et en une présentation des perspectives théoriques dans lesquelles j’insère mon travail pour permettre de mieux situer et comprendre ses enjeux. Dans une deuxième partie, j’analyserai les discours que tiennent les femmes indiennes sur elles-mêmes et leurs conceptions d’éléments de leur vie privée et publique en lien avec leur construction individuelle. Enfin, dans un troisième temps, je me pencherai sur l’originalité de la lutte et des identités développées par les femmes indiennes, entre la revendication des croyances et pratiques indiennes, et l’influence de modèles occidentaux.

Toute cette recherche se fondera principalement sur l’analyse de 23 entretiens, tous réalisés avec des femmes, dont 19 se considéraient comme indiennes, et 4 comme ladinas (non indiennes). En aucune manière on ne peut considérer qu’elles représentent un échantillon représentatif des femmes indiennes. Toutes ces femmes ont en commun d’avoir été en contact, parfois très ponctuellement, avec des associations ou des organisations publiques ou privées réalisant des activités déclarées utiles aux intérêts des femmes indiennes ou des indiens en général. Pour autant, on trouve une grande diversité parmi les femmes interrogées : elles n’ont pas le même âge, ne sont pas toutes de la même origine sociale et géographique, ni de la même ethnie. Leurs trajectoires personnelles sont multiples puisque certaines femmes sont universitaires, vivent dans la capitale et travaillent pour une ONG; alors que d’autres ne sont jamais sortie de leur communauté, où elles vivent de manière traditionnelle, mais s’ouvrent au travers de formations proposées par des associations. Cette diversité enrichit mon investigation en proposant un éventail plus large de postures et d’expériences, et transmet une idée plus juste de l’émergence des femmes indiennes au Guatemala. Cependant, cette recherche n’est pas une description complète et détaillée sur l’affirmation de toutes les femmes indiennes du Guatemala, elle se centre sur des femmes qui s’éveillent déjà, bien qu’à différents degrés, au désir de changer leur réalité quotidienne et celle de leur pays. Cela ne doit pas faire oublier les conditions de vie extrêmement préoccupantes d’une grande partie d’entre elles qui les écrasent au point de leur rendre le processus de construction individuelle difficilement accessible. Le degré d’émancipation est ainsi bien moindre quand il s’agit de femmes isolées dans leur communauté et qui ont peu d’opportunités de s’ouvrir par manque de moyens, d’infrastructures, ou parce qu’elles sont analphabètes et monolingues.

La prise de contact avec les interviewées s’est effectuée de façon fortuite ou sur les indications d’un réseau de connaissances. Il m’est arrivé de me rendre directement dans un village que je savais organisé, ou de suivre des réunions données dans les communautés en interrogeant les participantes. Le plus souvent, les informations m’étaient fournies par des associations implantées dans la capitale. Mes entretiens se sont déroulés dans la capitale, dans des communes proches, dans la région de Salama et dans celle de Solola. J’ai été en contact principalement avec Moloj’ (association politique des femmes mayas), la CONIC (association populaire paysanne et indienne) , la Defensoria de las Mujeres Mayas (organisme d’Etat défendant les droits des femmes mayas), Kaqla (organisation de femmes mayas), Asociacion Mujer Vamos Adelante (association féministe), COINDI (association mixte de développement), CONAVIGUA (association du mouvement de femmes), et CALDH (association de défense des droits de l’Homme).

Etant donné les thèmes de la vie privée auxquels touchait l’enquête, j’ai privilégié des entretiens libres en tête à tête. Je ne souhaitais pas mettre mal à l’aise, bloquer ou influencer les paroles prononcées ; je laissais donc une relative liberté de parole aux femmes, en les recentrant tout de même si nécessaire. Cela m’a permis d’obtenir des discours plus proches de leurs pensées réelles, les silences ou les détournements de conversation me servant aussi de source d’informations. Le déroulement des entretiens dépendait beaucoup du niveau d’élaboration de la pensée de chaque personne ; c’est-à-dire que toutes n’avaient pas autant réfléchi et théorisé leurs opinions sur les thèmes abordés et n’étaient pas en mesure de développer pareillement leurs réflexions. Un entretien a ainsi duré 5 heures alors que d’autres étaient plus brefs. L’un des problèmes que j’ai rencontré est celui du manque de disponibilité des enquêtées, absorbées par leurs responsabilités de tous types. La barrière de la langue s’est révélée un obstacle difficilement franchissable pour pouvoir mener un entretien dans de bonnes conditions ; en effet, le traducteur, souvent un proche, influe trop sur les réponses données. J’ai néanmoins interrogé une des femmes par le biais d’un traducteur. Le témoignage de deux femmes ladinas étudiant les femmes indiennes, l’une comme sociologue et l’autre comme journaliste, et de deux responsables ladinas d’une association féministe m’a permis d’avoir d’autres points de vue, des regards plus extérieurs. L’observation in situ et la participation à des réunions ont complété nos entretiens.

J’ai également consulté les publications en lien avec notre thème Une grande partie de notre travail a consisté en une révision de la bibliographie existante sur le sujet. Beaucoup de travaux on été rédigés aux Etats-Unis sur le thème du traitement de la différence sexuelle et ethnique en Amérique latine. Mais des travaux ont aussi été publiés par des femmes ladinas guatémaltèques, et plus récemment, les femmes indiennes universitaires ont apporté leurs riches contributions. Dans l’ensemble, les travaux sur les femmes indiennes au Guatemala restent relativement peu nombreux. Des sources produites directement par le terrain, comme les publications des organisations ou les comptes-rendus de réunions, ont renforcé mes connaissances.

Toutes les citations et extraits d’entretiens en espagnol ont été traduits par mes soins. Les citations d’entretiens apparaissent en italique, ainsi que les mots non traduits.


Sommaire :

- Introduction

Chapitre I - Mise en perspective théorique et approche historique.

I) Perspectives et débats théoriques fondateurs.

1- Analyse des notions mises en jeu : identité ethnique, sexuelle et de classe.

2- Apports des féministes pour penser l’articulation entre dominations.

3- Penser la différence culturelle.

4- L’émergence d’un sujet au sein d’un monde globalisé.

II) Approche historique du terrain.

1- L’expérience de la guerre : accélérateur de l’émergence de nouveaux acteurs sociaux.

2- L’apparition de mouvements indiens.

3- Développement de mouvements de femmes.

III) Les femmes indiennes aujourd’hui au Guatemala.

1- Une triple oppression.

2- Une hausse globale de la participation politique à nuancer.

3- Un droit développé mais peu appliqué.

Chapitre II - Regards et paroles de femmes indiennes sur la construction de soi.

I) Se retrouver et se construire.

1- Apprendre à se connaître pour se construire.

2- Se réapproprier son corps.

3- La spiritualité investie.

II) Femmes indiennes et vie privée.

1- Les relations de couple.

2- Etre mère.

3- La place de la famille.

III) Femmes indiennes et vie publique.

1- Parcours scolaire et vie professionnelle.

2- La participation politique dans la vie quotidienne.

3- Rapport à la communauté.

Chapitre III - Un combat original à partir d’un bricolage identitaire innovant.

I) Une interdépendance entre construction de soi et engagement.

1- Des revendications identitaires qui se complexifient.

2- Des femmes indiennes aux engagements multiples.

3- Nécessité de créer un espace propre.

II) Typologie des formes d’engagement.

1- Femmes mayas et féminisme.

2- Un culturalisme conservateur.

3- Un réformisme culturel.

III) Spécificités et originalités de la lutte des femmes indiennes.

1- Des valeurs constructives spécifiques mises en avant.

2- Vers un projet de société alternatif ?

- Conclusion

- Bibliographie


Émilie Ronflard, L’Émergence des femmes indiennes au Guatemala,
mémoire de Master 2 de Sociologie sous la direction d’Yvon Le Bot, soutenu à l’EHESS en septembre 2006.

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[1« Bon, en réalité il faut commencer par dire que pour les femmes, et surtout pour nous les mayas, être dans des espaces de participation politique signifie commencer par chacune d’entre nous, me redonner du sens à moi, puis à ma soeur, et ensuite à l’autre, à partir d’une reconnaissance et d’un questionnement sur ce que je suis, connais, vis, sens, ai, crains, construis, souffre, aime, défie, combats dans mon corps, mon esprit et mon âme, contre ceux qui ne comprennent pas, ne reconnaissent pas, ne valorisent pas et ne respectent même pas ce que les femmes mayas et ladinas ont donné à l’histoire de ce pays, malgré tout ce que cela implique pour chacune au niveau individuel et collectif. », Alma Gilda Lopez Mejía, Efectos de la participación política de las mujeres : mujeres mayas o empoderamiento de nosotras desde la exclusión in Instituto de Estudios Interétnicos, Los desafíos de la diversidad. Relaciones interétnicas: identidad, género y justicia. Université San Carlos de Guatemala, revue Estudios Interétnicos, n°18, onzième année, novembre 2004, p7. - Alma Gilda Lopez Mejía.

[2Touraine Alain, Le monde des femmes. Paris, Fayard, 2006

[3Lycklama A Nijeholt Geertje, Vargas Virginia et Wieringa Siskia, Women’s movements and public policy in Europe, Latin America and Carribean. New York, Garland publications, 1998.

[4Wieviorka Michel, La violence. Paris, Hachette Pluriel Référence, 2005.

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