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DIAL 3433

HONDURAS - Selon le prêtre jésuite Ismael Moreno, le pays vit un coup d’État « électoral »

Pablo Ruiz

dimanche 24 décembre 2017, mis en ligne par Dial

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Après le Coup d’État du 28 juin 2009 contre le président Manuel Zelaya, les élections du 26 novembre 2017 semblent avoir donné lieu à un autre coup d’État, par les urnes cette fois. L’auteur de ce texte diffusé le 18 décembre, Pablo Ruiz, fait partie de l’Observatoire pour la fermeture de l’École des Amériques SOAW latina.


Le prêtre jésuite Ismael Moreno [1], directeur de Radio Progreso, a indiqué qu’un coup d’État est en train de se produire au Honduras après que le Tribunal suprême électoral (TSE) a déclaré officiellement, ce dimanche 17 décembre, Juan Orlando Hernández (JOH) président du Honduras, avec 42,95 % des suffrages lors des élections du 26 novembre dernier.

Rappelons que, ce même 26 novembre, le candidat de l’Alliance de l’opposition, Salvador Nasralla, détenait une avance de cinq points dans 57% des bureaux où les bulletins avaient été dépouillés, recueillant 45,17% des voix, contre 40,21% pour Juan Orlando Hernández.

Cependant, faisant fi de cette tendance, qualifiée d’« irréversible », le TSE n’a pas dévoilé les résultats définitifs ce soir-là, ni le lendemain, mais c’est plusieurs jours plus tard que, prenant tout le monde par surprise, et malgré les irrégularités, il a annoncé que Juan Orlando Hernández était le candidat qui avait obtenu le plus grand nombre de suffrages. L’opposition s’est insurgée contre un processus électoral frauduleux.

Le prêtre jésuite Ismael Moreno a déclaré : « Si la mission de l’OEA – que personne ne saurait taxer de gauchiste – maintient les doutes exprimés dans son rapport sur le processus électoral, c’est parce que le Honduras vient de vivre une fraude électorale d’une ampleur telle qu’il n’y a pas de manœuvre, aussi retorse qu’elle soit, qui puisse en dissimuler l’existence. »

Et d’ajouter : « Actuellement, le Honduras connaît l’aboutissement d’un coup d’État à caractère électoral. Il se préparait depuis plusieurs années, avec des réunions officielles ou officieuses dirigées par le président JOH, et avec l’aval explicite ou implicite de l’ambassade des États-Unis. »

Rappelons que, depuis le coup d’État de 2009, conduit par des diplômés de l’École des Amériques, le Honduras enregistre en permanence des atteintes aux droits humains. Plus de 123 défenseurs des droits humains ont été assassinés, parmi eux Berta Cáceres.

Au cours des seules dernières semaines, dans un climat de mobilisations contre la fraude électorale, le Comité des familles de détenus disparus au Honduras (COFADEH) a dénoncé le fait que 14 personnes ont été assassinées et plus de 51 personnes ont subi des blessures de la part des forces de l’ordre ou des militaires.

Le père Moreno a invité l’ambassade des États-Unis à se prononcer et à « ne pas continuer de cautionner un coup d’État à caractère électoral qui met gravement en danger tous celles et ceux qui défendent les droits humains et exercent leur liberté d’expression dans des médias indépendants. »

À la suite de l’annonce du TSE, l’opposition a appelé la population du Honduras à se mobiliser contre la fraude électorale et pour la défense de la démocratie.

Le père Moreno a déclaré pour terminer : « Le sort en est jeté ; tous les chemins mènent à l’affrontement et à la violence. La balle est dans le camp de la communauté internationale face au dilemme qui se pose : soit elle nous aide à chercher une issue différente de celle décidée officiellement par le TSE, soit elle nous laisse nous enfoncer dans une situation ingouvernable. »


- Dial – Diffusion de l’information sur l’Amérique latine – D 3433.
- Traduction de Gilles Renaud pour Dial.
- Source (espagnol) : Texte diffusé par courriel par la SOAW latina, 18 décembre 2017.

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[1DIAL avait publié l’un de ses textes en 2016 : DIAL 3355 - « AMÉRIQUE CENTRALE - Présence et menace croissante de l’industrie minière » – note DIAL.

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