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DIAL 2834

BRÉSIL - La mobilité religieuse brésilienne

dimanche 16 octobre 2005, mis en ligne par Dial

Une recherche menée par le Centre de statistiques religieuses et de recherches sociales (CERIS) du Brésil donne des éléments précis sur le changement de confessions religieuses, parfois avec aller et retour, que vit la population brésilienne. Le phénomène atteint des dimensions importantes mais aussi inégales selon les catégories sociales, les origines, le sexe, etc. Article de ADITAL (Agence d’Information Fray Tito pour l’Amérique Latine), août 2005.


Une recherche inédite du Centre de statistiques religieuses et de recherches sociales (CERIS) révèle que 24% de la population brésilienne a changé de religion à un moment donné de la vie, tandis que 69,3% est resté fidèle à sa religion et 8,2% n’a pas donné d’information sur ce sujet.
La recherche concernant la mobilité religieuse au Brésil fut présentée par le CERIS lors de la 43e Assemblée générale de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) réunie à Itaici (São Paulo), du 9 au 17 août. L’agence CERIS a dépouillé 2 870 questionnaires auxquels ont répondu des personnes adultes de plus de 17 ans, dans 50 « municipes » brésiliens et 23 « capitales ».

Selon l’enquête, la mobilité religieuse est plus accentuée pour les personnes de 46 à 55 ans (27%) et de 36 à 45 ans (26,3%). Le pourcentage d’hommes qui ont changé de religion (23,9%) est légèrement supérieur à celui des femmes (23,1%).

Surprenante est la conclusion de l’étude au sujet du degré de scolarisation des « migrants religieux ». Ceux qui possèdent un niveau d’études supérieur sont ceux qui ont le plus changé de religion (37,4%), même si le phénomène se vérifie aussi, dans une moindre mesure, chez les analphabètes et parmi ceux qui possèdent d’autres niveaux de scolarité.

Les personnes divorcées (52,2%) ou séparées par jugement (35,5%) présentent une grande mobilité religieuse. « Le fait que les gens divorcés ou séparés soient ceux qui changent le plus de religions peut indiquer que certaines de ces religions fonctionnent comme espace d’accueil dans des situations de crises affectives et sentimentales » affirme l’étude du CERIS.

L’enquête a également repéré les personnes qui ont changé de religion selon le groupe d’origine. Ainsi, ceux qui présentent le plus de mobilité (89,3%) sont ceux qui appartenaient à des religions minoritaires au Brésil : c’est le groupe référencé « autres religions » dans le questionnaire. Ensuite, viennent les évangéliques pentecôtistes (84,6%). L’enquête du CERIS révèle la circulation des évangéliques pentecôtistes qui ont l’habitude de circuler entre les églises pentecôtistes et les églises évangéliques historiques. Le CERIS parle de mobilité intra-évangélique.

Un autre fait intéressant montre que le catholicisme aussi enregistre un mouvement d’adhésion. 26,9% des personnes qui appartenaient avant à quelque branche du protestantisme historique se disent catholiques aujourd’hui et 18,7% de ceux qui étaient dans une Eglise pentecôtiste ont émigré vers le catholicisme. Mais ce sont les fidèles classés dans « autres religions » qui s’incorporent le plus au catholicisme (47,4%).

L’étude du CERIS, qui sera publiée fin 2005, aborde aussi les motivations qui ont poussé les gens à choisir telle ou telle religion. Le sentiment de bien-être et la proximité de Dieu furent les principales raisons indiquées par les personnes sondées pour changer de religion. Il s’est révélé évident dans les réponses que de plus en plus de personnes cherchent dans la religion à résoudre des problèmes personnels. La recherche d’aide dans les moments difficiles de la vie fut mentionnée par 18,7% des catholiques et 30,5% de ceux qui appartiennent au groupe des « autres religions ». La proximité de Dieu fut indiquée par 20,2% des catholiques et 26% des évangéliques pentecôtistes.

Une autre motivation importante est la recherche d’une religion comme espace éthique, fait signalé par 38,1% des catholiques et 15,2% des évangéliques historiques. Les deux groupes se distinguent en indiquant comme motivation pour le choix actuel la recherche d’une religion « sérieuse ».

Le principal motif du changement de religion est la divergence doctrinale. Parmi ceux qui abandonnèrent le catholicisme 35% le firent pour ce motif. Ceci est également valable pour les 13,9% qui abandonnèrent les Eglises pentecôtistes et 33,3% des autres religions.


- Dial – Diffusion d’information sur l’Amérique latine – D 2875.
- Traduction Dial.
- Source (portugais) : ADITAL (Agence d’Information Fray Tito pour l’Amérique Latine), août 2005.

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